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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 19:55

Sous la coupe de Berlusconi, l’Italie régresse dans tous les domaines !

berlu.jpgLe revers électoral cinglant subit, fin mai, par Silvio Berlusconi lors du scrutin municipal semble vouloir signifier qu’il n’est pas éternel, que l’ère est même déjà peut-être au changement… Enfin serait-on tenté de dire car en huit années cumulées(1) passées à la tête de l’Italie, Il Cavaliere a réussit l’exploit peu banal de faire régresser son pays dans bien des domaines. Berlusconi s’est empêtré dans des scandales sexuels et des procès qui entament à tout le moins sa crédibilité et qui l’empêchent de diriger un tant soit peu correctement l’Italie. De bunga-bunga en corruption, de mélange intime entre presse et pouvoir en omnipotence limite dictatoriale, d’insultes en réflexions racistes ou homophobes, Berlusconi a fini par se croire au-dessus des lois de son pays, par se prendre pour un Duce un César des temps modernes… La politique de Silvio Berlusconi est pourtant catastrophique à tel point que la défaite lors des municipales amène désormais son allié de la Ligue du Nord à envisager de reconsidérer l’union qui leur permet d’être au pouvoir. La gauche italienne réclame, depuis les bancs de l’opposition, la démission du Chef du Conseil des Ministres.

Ce qui est le plus heurtant dans la politique de Berlusconi c’est l’espèce de régression qu’il fait subir à l’Italie. Citons quelques exemples. La connexion sans fil à internet est soumise, dans un lieu public, à la présentation de sa carte d’identité. Et toujours au rayon communication et information, les crédits pour le développement du haut débit sont gelés depuis 2008 alors que plusieurs Députés de la majorité berlusconienne réclament un contrôle des réseaux sociaux comme Facebook. Pour peu on se croirait en Chine ! Mais il est vrai que, pour Berlusconi, internet est un média dangereux parce qu’il ne peut pas le contrôler…

Pour aller souvent en Italie, où j’ai des amitiés, je ne peux que constater un repli sur soi et une montée offensante du racisme et de l’homophobie dans ce pays ainsi qu’une recrudescence des valeurs nationalistes et chrétiennes. Les partisans de Berlusconi veulent la croix sur le drapeau italien et le crucifix dans les écoles. Je ne peux pas m’empêcher de penser que le quotidien lombard La Padania, proche de la Ligue du Nord, parti xénophobe et membre de la coalition au pouvoir, publiait, en 2010 : «Quand allez-vous nous libérer des nègres, des putes, des voleurs extracommunautaires, des violeurs couleur noisette et des gitans qui infestent nos maisons, nos plages, nos vies, nos esprits ? Foutez-les dehors, ces maudits !» (2). Oui il y a une recrudescence de la haine des étrangers en Italie mais elle est entretenue par Berlusconi et ses alliés. C’est aussi une forme de régression !

 

Un de mes amis des Abruzzes me disait, l’été dernier, que certains élus proposaient même de créer des bus et des trains séparés selon qu’on soit Italien ou étranger… Cela s’appelle l’Apartheid et ça a été aboli il y a 20 ans. Le simple fait qu’on puisse l’évoquer aujourd’hui est encore un signe de régression sociale.

La culture est, on le sait, l’un des fleurons de l’Italie, terre de lettres, d’opéra, de la Commedia dell’arte, de cinéma… Mais sous la houlette de Berlusconi, le budget alloué à la culture a été réduit de près d’un milliard d’euros entre 2008 et 2011. Le chef du gouvernement italien déclarait, fin 2008, que chaque théâtre, musée et site archéologique est devenu un luxe, soulevant par la même une levée de bouclier des acteurs culturels italiens. Réduire les budgets culturels pour mieux asseoir la docilité du peuple devant sa télévision, c’est de la régression. Mais il n’y a pas qu’en matière de culture que les budgets ont été réduits drastiquement par Berlusconi. Ainsi, en ce qui concerne l’enseignement ce sont quelque 7,4 milliards d’euros en moins qui sont prévus entre 2009 et 2012. Oserais-je vous parler des budgets santé et écologie ? Non, mieux vaut pas…

 

Reste ce point que Berlusconi évoquait l’an passé, peu avant les élections régionales. Il voulait créer «une armée du bien contre l’armée du mal»(3), une armée qui serait «une force populaire, une vraie armée de défenseurs et de promoteurs de la liberté, composée d'hommes, de femmes, de jeunes, d'Italiens qui se mettent en rang et s'engagent à défendre, exactement comme des champions, la liberté»(3). On est en plein fascisme, là ! Si ça n’est pas de la régression…

L’Italie de Berlusconi c’est une Italie rétrograde qui régresse encore davantage au fil du temps ! Les Italiens doivent s’en rendre compte et réagir car laisser cet homme à la tête de l’état est une injure à l’intelligence, au modernisme et même à la démocratie ! Quand je lis ou entends certains qui trouvent que ce type est une bénédiction j’ai envie de devenir méchant… Penser que Silvio Berlusconi puisse être un grand homme politique, soutenir ses idées, sont assurément des signes de déficience mentale !

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(1) de juin 2001 à avril 2006 et depuis mai 2008…

(2) L’Italie de Berlusconi, un pays en voie de barbarisation, par Roberto Maggiori, in Libération, 10 février 2010
(3) Berlusconi veut créer une armée du bien contre l’armée du mal, par AFP, on lalibre.be, 24 février 2010

 

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Published by Olivier Moch - dans Actualité
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Olivier Moch 10/06/2011 10:00


Le quotidien The Economist qualifie, dans son édition de ce vendredi 10 juin, Silvio Berlusconi de "désastre pour son pays" ce qui rejoint assez fort cet article... The Economist estime que
Berlusconi a "arnaqué" l'Italie et les Italiens et pointe trois raisons de l'échec Berlusconi : les frasques sexuelles à répétition, les magouilles financières (10 procès pour fraude) et le mépris
qu'il affiche pour la situation économique de l'Italie.

Ce qui tend à confirmer que Silvio Berlusconi est l'un des pires - si pas le pire - dirigeants européens de l'après-guerre !