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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 12:38

De Wever refuse d'endosser ses responsabilités... Beke encore plus. Il est temps que le Président du CD&V cesse d'être le chien-chien à son maî-maître !

beke.jpgComme on pouvait s'y attendre, Bart De Wever a donc rejeté la note d'Elio Di Rupo, confirmant ainsi à l'envi, si besoin en était, qu'il ne veut pas d'un compromis. Tous les partis étaient pourtant d'accord de s'asseoir autour de la table et d'entamer des discussions autour du document fourni par Elio Di Rupo. Tous sauf la N-VA... et le CD&V évidemment qui se profile de plus en plus dans l'ombre de son ex-partenaire de cartel. Sous la houlette de Wouter Beke, le parti chrétien flamand est totalement incapable de s'affirmer, il se contente d'être le sous-fifre des Nationalistes; Beke est clairement, et de plus en plus, le vassal de De Wever ! Et pourtant, de grandes figures du CD&V - l'ancien Premier Ministre Mark Eyskens en tête - réclament une démarcation nette de leur parti par rapport à celui de Bart De Wever. Mark Eyskens a d'ailleurs incité le CD&V à former un gouvernement sans la N-VA arguant du fait qu'il existe un "gouffre" entre le CD&V et la N-VA. Eyskens allant même, en avril dernier, jusqu'à taxer De Wever de démagogue... Malgré ses appels réitérés, rien n'y fait, Wouter Beke continue d'aliéner son CD&V à la N-VA. "Si la N-VA n'y va pas, ça ne vaut pas la peine"(1) commente le Président du CD&V avant d'ajouter qu'un accord de gouvernement "doit être conclu autour de l'axe du PS et de la N-VA, deux parti qui ont reçu un mandat de l'électeur pour parvenir à une solution"(2). Cet entêtement de Wouter Beke est sidérant et témoigne soit d'un asservissement total à la N-VA, soit d'une méconnaissance du système électoral belge... voire des deux ! Faut-il rappeler à Wouter Beke que dans notre système électoral aucun parti n'est incontournable, sauf s'il obtient seul la majorité des voix (ndlr ce qui est, si pas impossible, au moins improbable). En effet, nous sommes dans un système à la proportionnelle dont la règle de base est l'arithmétique. La finalité d'un système électoral à la proportionnelle est de constituer un gouvernement sur base du résultat des différents partis, du nombre de sièges qu'ils ont obtenu. Pour constituer le gouvernement, il s'agit donc de dégager une majorité arithmétique, plus ou moins large, soit simple (au moins 50,1% des sièges de l'hémicycle) soit des deux tiers (au moins 66% des sièges de l'hémicycle) selon les cas. Dans le cas présent, si l'on veut réformer le pays (et tout le monde politique s'accorde à ce propos), il convient donc de dégager une majorité des deux tiers... Il faut donc mettre en place un gouverment dont les différentes composantes doivent atteindre 66% des voix de l'hémicycle afin de faire passer les réformes souhaitées et définies sur base d'un accord négocié. Nulle part il n'est dit ou imposé que le ou les partis qui ont récolté le plus de voix doivent faire partie du gouvernement au final ! Il s'agit de composer un gouvernement qui a une majorité adéquate que pour fonctionner, point à la ligne !

Et pour être sûr que Wouter Beke comprenne bien le principe - si d'aventure, sait-on jamais, il passait par ici - s'il faut atteindre 11, on n'est pas obligé de le faire par 10 + 1, cela peut très bien être par 7 + 4 voire par 6 + 3 + 2 ou encore par 5 + 4 + 2... Dans cette illustration simpliste, le 10 représentant - vous l'aviez compris - la N-VA. Tout ça pour dire que dans les faits, même si elle a réussi le meilleur score flamand (et rappelons aussi que ce meilleur score ne représente même pas, au niveau national, deux Belges sur dix), la N-VA n'est pas une composante obligatoire du futur (et toujours hypothétique) gouvernement belge, n'en déplaise à Wouter Beke.

Faut-il organiser un référendum ?

Quoi qu'il en soit, la situation est encore bloquée et, dès lors, certaines voix réclament à nouveau de passer par la voie référendaire. Personnellement, je ne suis pas pour car ce serait une forme de prise en otage de notre système politique. Car rappelons-le également, la Belgique est une démocratie parlementaire et ce système ne prévoit pas le référendum comme outil de décision. Dans la démocratie parlementaire, le peuple désigne ses représentants afin de prendre les décisions quant au fonctionnement politique. Dès lors, organiser un référendum constitue soit une démission du monde politique soit une prise en otage de ce monde politique qui laisse le soin au peuple de décider à sa place... Et puis, je reste toujours très circonspect à propos des référendums car il y a un danger réel que le résultat ne représente pas l'avis majoritaire du pays. Rappeler vous, en Suisse, le référendum à propos des minarets, à l'automne 2009. La Suisse avait prohibé la construction de minarets sur base d'un référendum où il y avait eu 47% d'abstention. Le référendum s'était soldé par un "non aux minarets" à 57,5%. Mais ces 57,5% de non ne représentaient que 57,5% des 53% la population qui s'était exprimée soit quelque 30% de la population effective en âge de s'exprimer. La décision d'interdire les minarets a donc été adoptée sur base de l'avis de 30% de la population, même pas un tiers et donc loin de la majorité, et celà à l'encontre de la position de la plupart des partis politiques. Dans le cas des minarets suisses, si les politiciens avaient fait correctement le travail pour lequel ils ont été désignés par le peuple, c'est à dire porter le débat et la décision finale devant le parlement, il y a de fortes chances pour que cette décision finale eut été inverse à celle du référendum... Dans le cas de la démocratie parlementaire, c'est aux parlementaires de prendre des décisions et d'agir, pas au peuple. Le seul cas où le peuple décide, c'est lors des élections pour désigner les parlementaires.

Mais alors que faut-il faire ?

La N-VA qui bloque la situation, pas de référendum... mais alors quelle solution pour sortir de l'impasse en entends-je murmurer. Et bien clairement, il faut contourner la N-VA ! Pour cela, il n'y a pas 36 solutions, il faut que les partis qui ont dit oui à la note Di Rupo, et donc qui sont prêts à négocier,  fassent pression sur Wouter Beke pour que le CD&V se décident enfin d'avancer sans la N-VA. Faire comprendre cela à Beke relève d'un réel défi politique... mais c'est à ce prix que l'on pourra débloquer la situation. Il en va de l'intérêt économique et social de la Belgique !

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(1) Le CD&V suit la N-VA par crainte du FDF, on rtlinfo.be, 7 juillet 2011
(2) Note : le CD&V veut bien négocier mais pas sans la N-VA, on rtbf.be, 7 juillet 2011

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Published by Olivier Moch - dans Actualité
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commentaires

Belge 14/07/2011 11:36


bien sur que c'est le CD&V qui détient la solution.
Aujourd'hui, ECOLO semble s'en rendre compte et le dit dans La Meuse. La clé du problème consiste à convaincre les chrétiens flamands de faire un gouvernement sans la NVA qui ne veut pas de la
Belgique (voir le site de la Meuse www.lameuse.be, article "Olivier Deleuze (ECOLO : La NVA ne veut pas de la Belgique, c'est fini")