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15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 19:52

Après les bons plans pour Londres, voici une balade classique dans Paris...

 

paris-general.jpgC’est à une jolie promenade à travers Paris que j’ai envie de vous inviter aujourd’hui. Paris, où je serai encore dans quelques jours, est assurément l’une des plus belles villes d’Europe ; elle offre au regard du promeneur ses plus beaux atours, monuments majestueux, bâtiments haussmanniens, impasses perdues au fonds des cours, parc à la verdure rafraîchissante ou terrasses de café accueillantes… autant de trésors à découvrir en flânant dans les rues parisiennes. Imaginez une belle journée de printemps, ensoleillée mais pas trop chaude ; c’est sur l’esplanade du Trocadero que je vous donne rendez-vous au petit matin…

paris00L’esplanade de ce palais monumentale de style néo-classique attire toujours la foule. Badauds, promeneurs, skaters et rollers se retrouvent sur ce parvis surélevé qui domine la Seine et qui offre une vue exceptionnelle sur le cœur de Paris, la Tour Eiffel. En descendant l’escalier du Trocadero, on se dirige vers cette construction métallique haute de 340 mètres. La Tour Eiffel, inaugurée en mars 1889 dans le cadre d’une exposition universelle, est majestueuse. De son troisième étage on a une vue panoramique sur Paris encore faut-il trouver le courage de se frayer un passage parmi les milliers de personnes qui attendent de la gravir.

paris1.jpgAu pied de la Vieille Dame, le Champ de Mars qui, comme son nom l’indique, était autrefois réservé aux parades et manœuvres militaires. On trouve d’ailleurs à l’autre bout de ce jardin public l’Ecole militaire construite à l’initiative de Louis XV. Les pieds de la Tour Eiffel baignent dans la Seine, l’occasion est donc belle d’attraper un bateau-mouche au vol et de se laisser glisser jusque dans le magnifique quartier de Saint-Germain des Prés. Alors que l’embarcation avance sur le fleuve, les ponts de Paris défilent… Mirabeau, Iena, les Invalides, le Pont de l’Alma et son célèbre zouave que Napoléon III voulait voir édifier pour l’exposition universelle de 1855. Il sera achevé un an trop tard et reçu le nom de la première bataille victorieuse de l’Empereur… Le Zouave sert de mesure officieuse du niveau de l’eau de la Seine. Après viennent le superbe Pont Alexandre III, le Pont des Arts et le Pont Neuf qui, paradoxalement, est le plus ancien de Paris. Il est aussi le plus long… On trouve en son centre une statue équestre d’Henri IV. Cette statue fut fondue à la Révolution et remplacée à l’identique en 1818 avec le bronze fondu du buste de Napoléon qui ornait la Place Vendôme… Enfin presque à l’identique car il est amusant de savoir que le sculpteur, véritable bonapartiste, plaça une petite statue de Napoléon dans les bras d’Henri IV…

Paris2.jpgMais nous voici déjà au pied de Notre Dame de Paris, sur l’Ile de la Cité. On peut, paraît-il en regardant bien, apercevoir Quasimodo au faîte de l’une des deux tours. Construite sur trois siècles, entre 1163 et 1351, dans le style gothique cette cathédrale est connue à travers le monde grâce à l’œuvre de Victor Hugo. Les Gargouilles qui l’ornent ne sont en fait que des tuyaux d’évacuation des eaux. L’intérieur de cette bâtisse est fort sombre et, en toute honnêteté, et même si elle est majestueuse, Notre Dame de Paris est loin d’être la plus belle des cathédrales. Je lui préfère déjà son homonyme rouennaise…

Mais il est temps de descendre du bateau car nous sommes arrivés à Saint-Germain des Près. Le temps de jeter un œil sur les petites échoppes des bouquinistes du quai de Seine et nous voilà entrant dans le quartier par la rue Dauphine. Saint-Germain-des-Prés fut bâti, à l’origine en 542, par Childebert, fils de Clovis, pour y stocker les trésors et les reliques prises aux Wisigoths. Le quartier est devenu, après la seconde guerre mondiale, le haut lieu du Paris culturel et intellectuel. paris3On y trouve les plus belles brasseries et les cafés les plus célèbres de Paris… Les Deux-Magots, Lipp, le Procope (ouvert en 1689, c’est le plus vieux café de Paris toujours en activité !) et mon préféré, le Flore auquel je ne peux résister lorsqu’il me prie de prendre un café à sa terrasse… Je ne peux ôter de mon esprit qu’à cette terrasse, Sartre, Aragon, Breton ou Vian ont, eux aussi, pris un café !


Du Louvre à l’Arche de la Défense… La Voie Triomphale

Mais il est temps de repartir déjà ! Il est impossible d’être exhaustif et de tout voir à Paris en une seule journée, de découvrir toutes les beautés de la Ville Lumière en quelques heures. Pour en profiter au maximum, il convient – même si c’est bien agréable – de ne pas s’éterniser au Café de Flore. En remontant le Boulevard Saint-Germain vers l’ouest, on regagne les quais de Seine et la Rue de Lille où se trouve le fabuleux Musée d’Orsay. paris4.jpgAvant de devenir un musée, en 1986, ce splendide bâtiment abrita successivement un palais (construit entre 1810 et 1838), un ministère incendié pendant la Commune, une gare qui fut aménagée pour l’exposition universelle de 1900, des entrepôts et un centre d’accueil pour les prisonniers français libérés à la fin de la seconde guerre mondiale. Aujourd’hui, les Impressionnistes Monet, Degas, Van Gogh, Renoir et Pissaro y côtoient les sculpteurs Drury, Maillol, Rodin ou Claudel, les photographes Nadar ou Strand ainsi que les maîtres des Arts Déco Guimard, Lalique, Moser ou Gaudi… Une visite au
Musée d’Orsay s’impose à tout prix !

Par la passerelle Solférino, on peut aisément traverser la Seine et rejoindre le Jardin des Tuileries splendide exemple de jardins à la française et écrin de verdure en plein cœur de la cité. Les Tuileries s’étendent sur 25 hectares entre le Louvre et la Place de la Concorde. A droite, le Louvre est là, chargé d’Histoire et de culture… Initialement, le Louvre était un château commandé par Philippe-Auguste à la fin du 12è siècle. Il devint palais royal quatre siècles plus tard à la demande de François 1er. C’est en 1793 que le Louvre deviendra un musée ; il est aujourd’hui l’un des plus connus et des plus visités au monde. Il abrite
La Joconde de Léonard de Vinci mais aussi quelques autres trésors comme la Victoire de Samothrace ou la Vénus de Milo… En retraversant les Tuileries, nous arrivons sur la Place de la Concorde, au pied des Champs-Élysées.

paris5.jpgCette place fut le théâtre des exécutions à la guillotine de la Révolution Française. Louis XVI y est décapité en janvier 1793 alors que les lieux ont été baptisés Place de la Révolution. Marie-Antoinette, Charlotte Corday, Philippe d’Orléans, Danton et Robespierre perdront eux aussi, et dans le sens originel du mot, la tête sur cette place… Ce n’est qu’en 1795 que la Place sera définitivement baptisée Concorde. Trois décennies plus tard, le vice-roi égyptien Mehemet Ali offre à Paris deux obélisques provenant de l’entrée du palais de Ramsès II à Louxor ; l’une des deux sera érigée en 1836 sur la Place de la Concorde.

Avant de remonter celle que les Français ont élu plus belle avenue du monde, il convient de faire le petit détour vers la Place Vendôme toute proche où sont agglutinés les magasins les plus chics et les plus chers de Paris. Un coup d’œil aux vitrines est la seule chose que peut s’offrir le commune des mortels. Mais au centre de la place trône la Colonne Vendôme qui symbolise la victoire de Napoléon 1er à Austerlitz. Elle a été réalisée avec le bronze fondu des 1200 canons autrichiens saisis par l’Empereur après son triomphe. A noter que la place est ceinte d’une vingtaine d’hôtels particuliers d’une beauté architecturale et d’un luxe exceptionnel… Allez, il est temps de remonter les Champs-Élysées ! Ils ont été créés en 1167 par Le Nôtre sur ordre de Colbert mais ne sont plus aujourd’hui qu’une magnifique artère à grande circulation bordée de boutiques, de restaurants, de théâtres et de cinémas. Il reste quelques bâtiments plus anciens comme le Palais de l’Elysée, siège de la Présidence de la République, le Grand et le Petit Palais. Mais globalement, les Champs-Élysées ne sont pas le plus agréable des endroits parisiens. paris6.jpgAu dessus de l’avenue se profile le superbe Arc de Triomphe érigé en 1806 à l’initiative de Napoléon 1er toujours suite à sa victoire d’Austerlitz. L’arc est posé sur la Place de l’Etoile, véritable gageure pour tous les automobilistes qui s’y aventurent… 12 artères à grande circulation partent de la Place de l’Etoile qui ressemble à un immense rond-point en permanence engorgé de voitures.

Peut-être le saviez-vous, le Palais du Louvre, la Pyramide du Louvre, la statue équestre de Louis XIV, Le Jardin des tuileries, l’obélisque de la Concorde, les Champs-Élysées et l’arc de triomphe sont construits selon un tracé rectiligne parfait qui offre une perspective de sept kilomètres de longueur parfois appelée Voie Triomphale…

Direction le métro ! La station Charles de Gaulle/Etoile est à deux pas. Avec la ligne bleue on peut aller rapidement jusqu’à la Place Pigalle, au pied de la Butte Montmartre. Pigalle est le quartier chaud de la capitale française. Les sex-shops, les boites de nuits et les cabarets s’y mélangent. En remontant la rue Lepic, on accède à la Butte Montmartre en passant devant le Café des Deux Moulins qui servit de décor au film «Amélie Poulain» et devant le fameux Moulin de la Galette, célèbre guinguette montmartroise immortalisée par Auguste Renoir. Montmartre est une ancienne commune à part entière qui fut annexée à Paris en 1860. C’est l’endroit des artistes. Plus de 4000 peintres y ont été recensés aux 19è et 20è siècles ; parmi eux Toulouse-Lautrec, Picasso, Van Gogh, Cézanne, Utrillo, Dali, Modigliani, Sisley ou Pisaro. La Rue du Chevalier de Labarre nous emmène vers la basilique du Sacré-Cœur.

paris7.jpgOn est au point culminant de Paris ! Relativement récente, cette bâtisse n’a été achevée qu’en 1914 et consacrée qu’à l’issue du premier conflit mondial. D’aucuns jettent un regard teinté de nostalgie sur le galopant en contrebas mais il faut à continuer la balade. Un passage éclair par la place du Tertre ou les peintres et les caricaturistes tentent d’appâter le touriste avant de filer vers le Musée Dali pour un détour succinct dans l’univers du génial peintre espagnol… On repasse ensuite devant le Bateau-Lavoir, un immeuble de la Place Goudeau qui abrita les ateliers de Picasso, Utrillo, Braque, Dufy, Matisse ou Léger. Des écrivains y trouvèrent aussi l’inspiration : Cocteau, Radiguet ou Jarry pour ne citer qu’eux…

paris9.jpgLe descente s’amorce par la rue des Saules ; on passe devant la Maison Rose, un petit troquet en équilibre instable dans la forte pente au carrefour de l’Abreuvoir, face au vignoble de Montmartre, et devant Le Lapin Agile, un cabaret autrefois connu comme étant le lieu de retrouvaille des truands. Il tire son nom d’une enseigne représentant un lapin s’échappant d’une casserole signée A. Gill (ndlr Le Lapin A. Gill).

Au bas de la rue des Saules, on a encore le temps d’attraper un métro à la Station Lamarck-Caulaincourt. Ligne verte avec changement à Pigalle et direction Père-Lachaise par la ligne bleue… paris10.jpgLe Cimetière du Père-Lachaise, dans le vingtième arrondissement, dernière étape de notre balade parisienne ! Quel calme, quelle sensation de quiétude alors que l’on est en plein cœur de Paris… Inauguré en 1804, le cimetière abrite quelques grands noms de la vie parisienne, d’Apollinaire à Oscar Wilde en passant par Sarah Bernhardt, Brillat-Savarin, La Calas, Chopin, Savinien Cyrano de Bergerac, Eluard, Jim Morrison, Musset, Piaf ou Marcel Proust…

Si le calme règne en maître aujourd’hui, il n’en fut pas toujours de même. Durant la Commune, en 1871, le Cimetière du Père-Lachaise fut, en raison de sa position stratégique en hauteur sur une colline, fut le théâtre d’une bataille acharnée entres les Fédérés, combattant de la Commune, et les Versaillais. A l’issue de la bataille, les 147 survivants fédérés furent exécutés le long d’un mur qui prit ensuite le nom de Mur des Fédérés et qui symbolise, aujourd’hui, la lutte pour la liberté et les idéaux…

Voilà, ainsi s’achève notre balade dans Paris. Il ne s’agissait là que d’une promenade de découverte ou de redécouverte. Chacun des endroits mérite que l’on s’y attarde plus longuement, plus en détails. D’autres endroits n’ont pas été évoqué comme l’Opéra Garnier, le Panthéon, la Sorbonne, le Marais ou Montparnasse et Ménilmontant, non pas que leur intérêt soit moindre mais l’exhaustivité était impossible. Balader vous dans Paris, flâner dans ses sombres ruelles et sur ses grands boulevards et vous découvrirez encore bien des choses connues et moins connues… Paris est belle et rebelle, Paris est enivrante, Paris est unique !

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Published by Olivier Moch - dans A découvrir
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