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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 08:44

Série de l'été - 1971, l'opus grandiose de Pete Townshend pour The Who

 

Serieete09---The-Who.jpgC’est en 1964 que The Who a vu le jour, composé de Roger Daltrey (chant, harmonica et tambourin), John Entwistle (basse), Keith Moon (batterie) et du fabuleux Pete Townshend (guitare et claviers). Précurseur du mouvement punk qui n’apparaîtra que dix ans plus tard, The Who proposent un rock explosif influencé par les arts en général et construit musicalement comme le serait de la prose en littérature. C’est aux Who que l’on doit l’idée d’opéra-rock avec le titre A Quick One While He's Away paru, en 1966, sur l’album A quick One et qui sera le précurseur d’albums considérés comme opéras-rock tels que SF Sorrow, de Pretty Things, A night at the Opera, de Queen avec le fabuleux Bohemian Rhapsody, Joe’s Garage, de Frank Zappa ou encore The Wall de Pink Floyd… En 1969, The Who présentent un vrai opéra-rock, Tommy, qui est toujours, selon moi, le sommet de ce qui peut être fait en la matière. Vingt quatre chansons qui racontent, comme un roman, l’histoire de Tommy, un gamin traumatisé qui devient sourd et muet après avoir vu son père assassiner l’amant de sa mère. Le spectacle est joué plusieurs mois durant à Londres puis à New York et devient l’un des meilleurs albums rock de tous les temps. Fort de ce succès, Pete Townshend, qui a porté quasiment à lui seul Tommy, se met dans l’idée de donner une suite à ce chef d’œuvre. Le projet, intitulé Lifehouse est voulu comme un opéra-rock de science-fiction censé se dérouler dans un futur proche où seul le rock pourrait sauver le monde d’un péril imminent. Townshend écrit rapidement la chanson centrale du projet, Pure and Easy, puis suivent d’autres titres. Le projet est grandiose mais très compliqué à mettre en œuvre et à financer. Aussi, Townshend décide, à contre cœur, de renoncer à Lifehouse.

Un synthétiseur dans du rock !!!


Parmi les chansons écrites pour Lifehouse se trouvent plusieurs perles qui prendront place sur le prochain album du groupe, Who’s Next. Il y a, notamment, The song is over, Getting in tune ou le sublime Won’t get fooled again qui deviendra, trente ans plus tard, le générique de la série Les Experts : Miami. Il y a aussi un titre, plutôt simple à la base puisqu’il ne repose que sur trois accords (fa, do et si bémol), et qui devait rapporter, dans Lifehouse, l’exode rural de fermiers écossais s’en allant vers Londres pour survivre. Le titre de cette chanson - Baba O’Riley - est bizarre ; il repose sur la contraction de deux influences profondes de Townshend : le gourou indien Meher Baba et le compositeur minimaliste américain Terry Riley. Ce qui est tout autant bizarre c’est qu’à aucun moment les paroles du titre n’apparaissent dans le texte de la chanson... D’ailleurs cette particularité vaudra parfois à la chanson d’être titrée Teenage Wasteland d’après des paroles du refrain. Sur ce morceau d’anthologie, Townshend introduit les premières notes de synthétiseur sur des sons résolument rock. Ainsi, une fois encore The Who jouent les précurseurs. L’introduction de la chanson va crescendo jusqu’à l’explosion du synthé et des guitares rock. La fin de la chanson est un contre-pied total puisque c’est un long solo de violon quasiment tsigane qui ponctue, à l’idée de Keith Moon, Baba O’Riley. Alliance de rock limite hard-rock, de prémisses de new wave et de musique tsigane, Baba O’Riley est un pur moment d’extase musicale.

Baba O’Riley constitue l’ouverture de l’album Who’s Next. Il fait entrer l’auditeur dans un monde fait de sons épiques et innovant. L’album deviendra le plus populaire du groupe anglais et s’imposera, aux Etats-Unis, comme la référence ultime du rock anglais des années ’70. Who’s Next atteint le summum du rock, sa chanson introductive, Baba O’Riley, n’est pas étrangère à cette réussite. Mais cela laisse un goût amer dans la bouche de tous les amateurs de rock, le goût de ce qu’aurait du être Lifehouse qui ne verra jamais le jour…

A noter les tubes phares des Who inspirent Anthony Zuiker, le créateur de la licence des Experts puisque si Won’t get fooled again constitue le générique des Experts : Miami, le titre Baba O’Riley est celui des Experts : Manhattan tandis que Who are You ponctue le générique de la série originales des Experts


Baba O’Riley

Out here in the fields
I fight for my meals
I get my back into my living.

I don't need to fight
To prove I'm right
I don't need to be forgiven.
yeah,yeah,yeah,yeah,yeah

Don't cry
Don't raise your eye
It's only teenage wasteland

Sally, take my hand
We'll travel south cross land
Put out the fire
And don't look past my shoulder.

The exodus is here
The happy ones are near
Let's get together
Before we get much older.

Teenage wasteland
It's only teenage wasteland.
Teenage wasteland
Oh, yeah
Its only teenage wasteland
They're all wasted!

Traduction :

La dehors, dans les champs
Je me bats pour mes repas
Je retourne dans ma vie

Je n'ai pas besoin de me battre
Pour prouver que j'ai raison
Je n'ai pas besoin d'être pardonné

Ne pleure pas
N’ouvre pas grand les yeux (ne t’étonne pas)
C'est seulement la jachère adolescente

Sally, prends ma main
Nous voyagerons à travers les terres du sud
Eteins le feu
Et ne regarde pas par dessus mon épaule

L'exode est ici
Les heureux sont proches
Réunissons nous
Avant que nous devenions beaucoup plus vieux

La jachère adolescente
C'est seulement la jachère adolescente
La jachère adolescente
Oh oui
La jachère adolescente
Elle est toute gaspillée

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Published by Olivier Moch - dans A découvrir
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commentaires

jp 24/08/2010 16:13


Très bon article. J'adore d'ailleurs ce genre de musique et l'histoire qui en découle. A quand un écrit sur la première utilisation d'un archet sur une musique rock (Dazed'n Confused) ou
l'introduction de la flûte traversière par Jethro Tull...


Olivier Moch 06/07/2010 11:21


Fallait bien cerner le sujet et faire des coupes dans la carrière et la discographie des Who... L'album Quadrophenia est postérieur à la chanson que je voulais mettre en évidence dans cette Série
de l'Eté, il n'était pas primordial de l'évoquer. Ce qui n'enlève rien à la qualité de cet album et du travail de Pete Townshend !


bastien 05/07/2010 14:49


Parler si bien des Who sans écrire une ligne sur Quadrophenia... snif !