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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 07:16

Série de l’été : Le coup de Feuillu, 7 juillet 2008

 

tdf07.jpgAujourd’hui la petite histoire du Tour de France ne nous ramène pas si longtemps en arrière puisqu’elle évoque la journée de sans-grades qui ont réussi un fameux coup lors de l’édition 2008. Ce n’est pas faire injure à Samuel Dumoulin, William Frischkorn, Paolo Longo Borghini et Romain Feuillu de dire qu’ils sont des sans-grades ; Dumoulin, qui a gagné une étape du Tour de l’Avenir 2004 et une autre du Dauphiné Libéré 2005 est probablement le plus connu de ce quatuor qui va animer de bout en bout la troisième étape du Tour 2008. Cette étape qui relie Saint-Malo à Nantes présente un profil désespérément plat, pas une seule côte répertoriée, seuls trois sprints intermédiaires placés dans le premier quart du parcours doivent mettre un peu de piment à la course. Une journée pour les sprinteurs à n’en point douter ! La veille, l’étape de Saint-Brieuc, pourtant un peu plus vallonnée, à accouché d’un sprint massif réglé par Hushovd devant Kirchen et Ciolek. Valverde, vainqueur de la première étape (ndlr il n’y a pas eu de prologue en 2008) est toujours en jaune. Ce 7 juillet 2008, les vrais sprinteurs – Freire, Cavendish, Hushovd voire le vétéran Zabel - sont les plus motivés car l’arrivée est plane contrairement aux deux premiers jours où une côte ponctuait le parcours. Cependant, comme les organisateurs ont supprimés les bonifications, il ne devrait pas y avoir de changement au général…

 

Victoire d’un sprinteur et Valverde toujours en jaune, sauf surprise, tels sont les pronostics les plus courants au village-départ… Et de surprise il va être question ! Dès le départ, donné sur le barrage de la Rance, l’Américain William Frischkorn (Garmin) attaque. Il est rejoint, quelques kilomètres plus tard par Longo Borghini (Barloworld), Feuillu (Agritubel) et Dumoulin (Cofidis). Les quatre hommes s’entendent à merveille et creusent rapidement un écart conséquent malgré le fait que Romain Feuillu, le mieux classé des échappés, ne pointe qu’à 18 secondes du leader Valverde. L’équipe Caisse d’Epargne n’entend pas mener la chasse laissant le soin aux formations des sprinteurs de s’organiser pour aller rechercher les fuyards. Columbia, Rabobank, le Crédit Agricole et Liquigas s’observent et attendent chacune que les autres prennent l’initiative ce qui permet au quatuor de tête de compter près de 15 minutes d’avance au quart de l’étape.

 

Des cadors victimes de la bordure…

 

Ce sont finalement Columbia et le Crédit Agricole qui prennent la poursuite en chasse, normal car ils ont avec Cavendish et Hushovd deux des plus grosses chances de victoires à Nantes. Mais si l’écart diminue, il ne fond pas de façon drastique, à mi-course il reste de près de 10 minutes… Devant, cela s’entend toujours très bien et les éléments viennent jouer aussi en faveur des échappés. Le vent du large se lève et la pluie tombe. Plus facile de rouler à quatre en ligne qu’en peloton derrière. D’autant que le peloton est victime d’une bordure(1) et se scinde en deux. Dans les second groupe il y a des favoris comme Menchov (Rabobank) Kreuziger (Liquigas) et Ricco (Saunier-Duval), aussi l’équipe Quick-Step prend-t-elle les choses en main pour empêcher la reformation complète du peloton. Le but n’est plus, désormais, de reprendre le quatuor de tête mais bien de mettre du temps dans la vue à certains favoris piégés dans la bordure… Devant, on est tenu au courant et l’on se rend vite compte que la victoire d’étape va se jouer à quatre… Puis à trois car Paolo Longo Borghini, le moins fort des échappés, cède dès l’entrée dans Nantes. Les deux français ont aussi compris l’intérêt qu’ils pouvaient avoir à s’entendre : la victoire d’étape pour Dumoulin et le maillot jaune pour Feuillu. Et c’est se qui se produit, Dumoulin règle un mini-sprint pour remporter l’étape devant Frischkorn et Feuillu. Borghini suit à une quinzaine de secondes. Le peloton ne s’est pas reformé, le premier groupe arrive avec 2’03’’ de retard tandis que le groupe Menchov/Kreuziger/Ricco pointe à 2’41’’. Un autre peloton arrive même avec 4’55’’ de retard, il comprend surtout deux coureurs sur lesquels la France fondait beaucoup d’espoirs, David Moncoutié et Christophe Moreau…

 

Pour la petite formation continentale Agritubel, qui a reçu une invitation à participer au Tour de France, la journée est merveilleuse. Romain Feuillu endosse le maillot jaune, le premier de l’histoire d’Agritubel… Même s’il n’avait que peu de chance de réussir, ce coup à marché et Romain Feuillu à oser le tenter. Si l’échappée avait été reprise, il aurait probablement été lâché, avec ses compagnons d’échappée, et se serait retrouvé dans les profondeurs du classement. Au lieu de cela, il est sur la plus haute marche du podium. L’audace à payé… Dumoulin vainqueur, Feuillu en jaune, finalement, le seul qui reste un peu sur sa faim est Frischkorn qui avait initié l’échappée et qui devra se contenter de la seconde place de l’étape, la plus laide dit-on, et du prix de la Combativité

 

Tour de France 2008

Classement final

1. Carlos Sastre (CSC)

2. Cadel Evans (Silence-Lotto) à 58’’

3. Denis Menchov (Rabobank) à 2’10’’

Maillot vert : Oscar Freire (Rabobank)

Maillot à pois : Carlos Sastre (CSC)

Meilleur jeune : Andy Schleck (CSC)

 

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(1) une bordure est la scission du peloton en plusieurs groupes à cause du vent.

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Published by Olivier Moch - dans A découvrir
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