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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 06:39

Série de l’été – Coppi, premier vainqueur d’une arrivée en montage, 4 juillet 1952.

 

tdf04.jpgDrôle de Tour que celui de 1952, d’abord parce que les vainqueurs des deux éditions précédentes Kubler (1950) et Koblet (1951) ne sont pas au départ, ensuite parce que pour la première fois la télévision s’invite sur la Grande Boucle grâce à Pierre Sabbagh qui permet de retransmettre les images du jour, chaque soir, pour ceux qui ont la chance d’avoir un poste de télévision. Mais, surtout, parce que les organisateurs ont décidé de mettre, pour la toute première fois, une arrivée au sommet. Certes, la montagne s’est invitée dès le premier Tour de France, en 1903, mais jamais jusqu’alors les coureurs n’avaient disputé une victoire d’étape tout en haut d’un col. Et le moins qu’il se puisse être écrit est que les organisateurs ont fait fort puisque pas moins de trois étapes de ce Tour 1952 arriveront au sommet ; à l’Alpe d’Huez, à Sestrières et au Puy de Dôme. Beaucoup de coureurs sont effrayés par ce triptyque montagnard, il se chuchote même que si Kubler, Koblet et le grand espoir français Louison Bobet ne sont pas au départ, ces trois étapes n’en sont pas innocentes… Les favoris de cette édition sont Jean Robic, vainqueur du Tour 1947, le Belge Stan Ockers, dont on dit cependant que les arrivées en montagne le desserviront, et les trois italiens Fiorenzo Magni, Fausto Coppi, déjà vainqueur en 1949, et le Pieux Gino Bartali qui a déjà gagné deux Tours (1938 et 1948) mais qui fêtera ses 38 ans sur ce Tour 1952…

 

Le début de l’épreuve est dominé par l’équipe belge. Van Steenbergen et Rosseel s’offrent les deux premières étapes avant que l’armada italienne ne prenne les commandes du Tour. Nello Lauredi gagne la troisième étape et se pare de jaune pour trois jours avant de Magni ne le déshabille. Coppi gagne le contre-la-montre de Nancy qui amène le peloton au pied de la montagne. Andrea Carrea est leader alors que se profilent les premières ascensions. Le grand rendez-vous est fixé au 4 juillet à l’Alpe d’Huez que jamais le peloton du Tour de France n’a emprunté tant la montée est ardue. Avant cela, deux étapes montagneuse mais avec arrivée en plaine sont prévues. Geminiani l’emporte en solitaire à Mulhouse, le Suisse Diggelman gagne, chez lui, à Lausanne. A la veille de la toute première arrivée en montagne, le classement est dominé par l’équipe d’Italie ; Carrea est premier, Magni est deuxième à 1’01’’, Lauredi est troisième à 1’21’’ tandis que Fausto Coppi occupe la quatrième place à 5’04’’. Le Campionissimo est le mieux placé des favoris ; les autres pointent plus loin : Bartali est sixième à 12’00, Ockers est huitième à 13’27’’ quant à Robic, il est relégué à plus de 21 minutes et à déjà fait son deuil de la victoire finale avant même les trois épouvantails de ce Tour de France.

 

Naissance d’un mythe

 

Si la toute première arrivée au sommet de l’histoire du Tour de France se fait à l’Alpe d’Huez ce n’est pas vraiment un hasard. Jamais les coureurs n’ont escaladé cette montagne au dénivelé de près de 8% avec des passages à 10%. La route grimpe pendant 13,8 kilomètres avec vingt et un virages serrés qui obligent à relancer en permanence la machine. L’effort est ardu et craint par la majorité du peloton qui se présente au départ de cette 10è étape, à Lausanne. Au soir de ce 4 juillet 1952, on ne sera pas encore à la moitié du Tour de France mais on saura déjà qui l’a perdu définitivement. On saura même peut-être qui le gagnera… Car pour vaincre ce colosse inconnu, il faut un grand champion ; un Campionissimo !

 

L’étape est longue – 266 kilomètres– mais ne compte qu’une seul difficulté, la montée finale. C’est un groupe assez important, avec tous les favoris, qui se présente au pied de l’Alpe. Dès le début de l’ascension Coppi accélère, il fait rapidement sauté ses adversaire un par un… Le dernier à s’accrocher est Jean Robic que Coppi garde avec lui pour les relais car le Français ne représente plus aucun danger. Robic devra, lui aussi, lâcher prise dans le dernier tiers de la montée. Il faut 45 minutes et vingt-deux secondes à Fausto Coppi pour avaler les 21 virages. Le record de vitesse de la montée est aujourd’hui toujours l’apanage de Marco Pantani, en 1997 avec 37’35’’… Avec le matériel de l’époque et au vu de l’état de la route en 1952, Coppi réalise un vrai exploit ! Robic cède 1’20’’, Ockers perd 3’22’’, Magni concède 4’13’’ et Gino Le Pieux abandonne plus de cinq minutes à son grand rival. Coppi endosse le maillot jaune et ne le cédera plus jusqu’à Paris. Il conforte encore son avance en remportant de maitresse façon les deux autres arrivées en altitude, le lendemain à Sestrières où il laisse Ockers à 9’30’’ et Bartali à plus de 10', et au Puy de Dôme en fin de Tour où, probablement plus émoussé, il ne laminera pas ses adversaires.

 

Fausto Coppi a pris option sur son second Tour de France lors de la toute première arrivée au sommet de l’histoire de la Grande Boucle. Cette étape devenue mythique devait accoucher d’un vainqueur immense, ce fut le cas ! Et le mythe perdure encore de nos jours car accrocher l’Alpe d’Huez à son palmarès est un gage de qualité. Les plus grands noms du cyclisme ont remporté cette étape, citons entre autres, Zoetemelk (2x), Kuiper (2x), Armstrong (2x), Pantani (2x), Bugno (2x), Hinault, Winnen, Frank Schleck, Contador…

 

Tour de France 1952

Classement final

1. Fausto Coppi (Italia)

2. Stan Ockers (Belgique) à 28’17’’

3. Bernardo Ruiz (Espana) à 34’38’’

Maillot vert : pas encore existant (créé 1953)

Classement de la Montagne : Fausto Coppi (Italia)

Meilleur jeune : pas encore existant (créé en 1975)

 

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Published by Olivier Moch - dans A découvrir
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