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28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 07:51

Série de l’été – Erik Zabel remporte le classement par points pour la sixième fois, 28 juillet 2001.

 

tdf28.jpgLe classement par points existe, au Tour de France, depuis 1953. Il a été immédiatement décidé de lui attribuer un maillot distinctif ; un maillot vert comme la couleur dominante du premier parraineur de ce classement. Officiellement il s’agit du classement de la régularité, il attribue des points aux premiers classés de chaque étape. Mais force est de constater qu’il s’agit surtout du classement des sprinteurs car, depuis Bernard Hinault en 1979, le maillot vert n’a pas échappé à un sprinteur pur. Au palmarès, on retrouve des grands noms de l’emballage final comme Sean Kelly (4x), Freddy Maertens (3x), Robbie McEwen (3x), Djamolidine Adboujaparov (3x), Thor Hushovd (2x), Laurent Jalabert (2x) ou Tom Boonen notamment. La figure emblématique du Maillot Vert du Tour de France reste, cependant, l’Allemand Erik Zabel qui, entre 1996 et 2001, remporta ce trophée à six reprises. Le maillot vert a souvent donné lieu à des duels acharnés. On se souviendra, entre autres, des joutes opposant Johan Museeuw et Olaf Ludwig en 1990, Tom Boonen, Robert Hunter et Erik Zabel en 2007 ou Oscar Freire et Thor Hushovd l’année suivante. L’un des plus disputé fut le combat entre Erik Zabel (Deutsche Telekom) et Suart O’Grady (Crédit Agricole) en 2001 sur lequel je vous propose de revenir aujourd’hui.

 

En 2000, Erik Zabel a détrôné Sean Kelly pour devenir recordman du nombre de victoires du classement par points. Il avait dominé largement – 121 points d’avance - Robbie McEwen et Romans Vainsteins en ne remportant pourtant qu’une seule étape. Aussi l’Allemand arrive-t-il détendu à Dunkerque au départ du Tour 2001. Quoi qu’il arrive, Zabel fait déjà partie, avec cinq maillots verts, de la légende du Tour… Cette année, l’équipe Deutsche Telekom est surtout articulée autour de Jan Ullrich qui est revenu à son plus haut niveau (peut-être même plus fort que lors de sa victoire de 1997), ne laissant à Zabel que les seuls Heppner et Wesemann comme équipiers. Un peu juste comme train pour emmener le véloce Erik. Les favoris pour le maillot vert sont, en plus de Zabel, Jeroen Blijlevens (Lotto-Adeco), Flavio Baldatto (Fassa Bortolo) dont le dernier rempart est un solide gaillard dont on reparlera à l’avenir Alessandro Petacchi, Romans Vainstens (Domo-Farm Frites) et Stuart O’Grady, champion du monde de poursuite et multi-médaillé olympique qui a bien réussi sa reconversion sur la route. D’aucuns citent encore Tom Steels (Mapei-Quick Step), Jaan Kirsipuu (AG2R) et Jan Svorada (Lampre) mais la difficulté qu’ils ont à rallier Paris par delà les montagnes n’en fait pas des favoris réels…

 

Dès la première étape en ligne, Zabel prend option. Il l’emporte devant Vainstens, Casper (La Française des Jeux) et Hushovd (Crédit Agricole) pour s’habiller de vert. Mais, dès le lendemain, le maillot file sur les épaules de Kirispuu qui, intelligemment, sprinte pour régler le peloton derrière un groupe d’échappés. Zabel n’a pas pensé que les vingt-cinq premiers prennent des points, Kirsipuu si… Inutile de dire que Zabel n’a qu’une envie, celle de remettre les pendules à l’heure, ce qu’il fait le jour d’après alors que le Tour arrive à Seraing après être passé sous mes fenêtres visétoises. Le duel avec O’Grady débute dès l’Alsace, dans les étapes de moyenne montagne l’Australien grappille quelques points lors des sprints intermédiaires au profit d’une échappée. Entre Colmar et Pontarlier, O’Grady profite encore d’une échappée pour s’emparer de la tête du classement par points… C’est un moment des plus judicieux que celui choisit par Stuart O’Grady pour se parer de vert. En effet, la montagne pointe à l’horizon et, cette année, Alpes et Pyrénées s’enchainent sans étapes de transition… Cinq jours durant lesquels les sprinteurs n’auront pas voix au chapitre ! L’Australien semble donc assez tranquille, il lui suffira de rentrer dans les délais pour conserver sa tunique couleur espoir. A l’issue des montagnes, les étapes qui suivent sont souvent propices aux longues échappées qui partent très tôt. C’est le cas à Lavaur, où le Liégeois Rik Verbrugghe s’offre son unique succès sur le Tour, mais aussi à Sarran et à Montluçon… A trois étapes de la fin, O’Grady reste maillot vert mais avec un seul point d’avance sur Zabel, 188 points pour le coureur du Crédit Agricole, 187 pour l’Allemand. Le contre-la-montre de Saint-Amand-Montron ne leur permettra à aucun des deux de prendre des points, restera donc les étapes d’Evry et des Champs-Elysées. On s’attend à une belle empoignade entre les deux hommes. Le Tour étant perdu pour Ullrich, toute l’équipe Deutsche Telekom, amputée des deux soldats dédiés au départ à Zabel qui ont renoncé, se met au service du sprinteur. Zabel gagne à Evry, il devance de quelques centimètres O’Grady qui doit abandonner le maillot vert… 222 points pour Zabel, 218 pour son rival. Sur les Champs-Elysées, le calcul est simple à faire : si Zabel termine devant O’grady, quel que soit le classement de cette ultime étape, il remportera son sixième maillot vert. Pour l’emporter, Stuart O’Grady doit soit gagner l’étape (peu importe alors le classement de Zabel) soit terminer entre la deuxième et la cinquième place tout en laissant, au moins, deux coureurs entre lui et Zabel (ex : O’Grady 2è et Zabel 5è ou O’Grady 3è et Zabel 6è…). Clairement, Erik Zabel sera difficile à détrôner ! Jan Svorada gagne sur les Champs-Elysées au terme d’un superbe sprint, Zabel termine deuxième et O’Grady troisième. L’Allemand remporte, pour huit points, son sixième maillot vert tandis que l’Australien n’aura jamais plus une si belle occasion de le gagner…

 

En 2002, Erik Zabel remportera encore une étape, la douzième et dernière sur le Tour, portera même le maillot jaune mais, à 32 ans, sa pointe de vitesse s’effiloche lentement et il doit s’effacer devant Robbie McEwen. Le 24 mai 2007, en plein remous de la fameuse Affaire Puerto, Zabel reconnait avoir eu recours au dopage lors du Tour 1996. «Mais je n’ai pris des produits que durant une seule semaine car ils avaient sur moi des effets secondaires que je ne supportais pas, j'avais des suées, un pouls très faible» précisa-t-il. Les organisateurs ne le déclassent pas car les faits sont prescrits et Zabel conserve donc son record de six maillots verts sur le Tour de France… Quand bien même on lui retirerait symboliquement celui de 1996, il resterait recordman du genre.

 

Tour de France 2001

Classement final

1. Lance Armstrong (US Postal)

2. Jan Ullrich (Deutsche Telekom) à 6’44’’

3. Joseba Beloki (Once) à 9’05’’

Maillot vert : Erik Zabel (Deutsche Telekom)

Maillot à pois : Laurent Jalabert (CSC-Tiscali)

Meilleur jeune : Oscar Sevilla (Kelme)

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Published by Olivier Moch - dans A découvrir
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