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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 13:39

Série de l’été : Dernière étape sur le Tour pour Joop Zoetemelk, 27 juillet 1986.

 

tdf27.jpgC’est d’un monument du Tour de France que l’on va parler aujourd’hui : Joop Zoetemelk, le plus Français de tous les Hollandais comme le surnommaient les commentateurs hexagonaux. Et il est vrai que Zoetemelk fit l’essentiel de sa carrière dans des équipes françaises avant de s’installer, une fois le vélo raccroché, près de Meaux où il gère un hôtel avec son épouse… une Française. Joop Zoetemelk détient tout simplement le record du nombre de participations au Tour de France, il a couru la Grande Boucle à seize reprises entre 1970 et 1986. Il ne l’a gagnée qu’une seule fois, en 1980, et s’il doit laisser le record du nombre de podiums à Raymond Poulidor (8 podiums pour 7 à Zoetemelk), le Batave est le coureur qui termina le plus de fois dans le top 10 : 12 fois dans les dix premiers, quelle régularité ! C’est en 1970, à 23 ans, que Joop découvre le Tour de France. Il est passé professionnel à l’aube de la saison après quatre belles années dans le peloton amateur. Il décrocha d’ailleurs un superbe titre de Champion Olympique, en 1968 à Mexico, sur le 100 kilomètres contre-la-montre par équipe. C’est dans l’équipe belge Mars-Flandria qu’il débute ; une formation qui n’a pas de véritable leader et donc pas d’ambition pour le classement général. Alors Zoetemelk, bon grimpeur et excellent contre le chrono, prend ses responsabilités et, certes loin de Merckx qui domine l’épreuve, termine deuxième de son premier Tour… On découvre là un rival potentiel pour Merckx. Si Zoetemelk peut prendre la seconde place de son premier Tour de France, alors dans deux ou trois ans, il devrait être me mesure de l’emporter pensent beaucoup de spécialistes du vélo. Jamais le Hollandais ne pourra réellement rivaliser avec Le Cannibale. Encore deuxième en 1971, il connait une baisse de régime en 1972, ne prenant «que» la cinquième place, à 19’09’’ de Merckx.

 

Zoetemelk sait qu’il ne progressera plus chez Flandria qui est davantage une équipe de classique, aussi choisit-il de rejoindre la formation française Gitane-Frigecrème. Au départ du Tour 1973, un grand espoir nait en lui car Merckx est absent. Mais Zoetemelk doit vite déchanter car la course est dominée de la tête et des épaules par Luis Ocaña. C’est cependant cette année là qu’il remporte ses premières victoires d’étape, à Scheveningen, aux Pays-Bas, lors du prologue et à Nancy… L’année suivante, pourrait être la sienne. Il domine tous ses adversaires, y compris Merckx, sur Paris-Nice, la Semaine Catalane et le Tour de Romandie mais une sale chute sur le Midi Libre le prive du Tour…

 

Le meilleur rival d’Hinault

 

1975, l’ère Merckx est passée, Thévenet prend les commandes. Passé chez Gan, Zoetemelk ne peut revendiquer qu’une belle victoire d’étape à Saint-Lary-Soulan. Ces mêmes spécialistes qui voyaient en lui un vainqueur probable commencent à penser qu’ils se sont trompés. Dominé par Van Impe, en 1976, et par Thévenet, encore, en 1977, Zoetemelk vient de franchir le cap des 30 ans et n’apparait plus comme un prétendant à la victoire. D’autant moins que s’ouvre une autre ère de domination, celle de Bernard Hinault. Dès sa première participation, en 1978, le Blaireau remporte le Tour ; seul Zoetemelk est capable de rivaliser. En 1979, Zoetemelk remporte, sur le Tour d’Espagne (qui se court en mai alors), sa première victoire dans un grand tour. Il a 32 ans et est affuté comme jamais mais, au Tour de France, il n’y a rien à faire contre un Hinault démentiel qui remporte sept étapes dont un superbe final sur les Champs-Elysées où les deux rivaux arrivent seuls après s’être échappés et avoir offert une ultime joute grandiose. Une fois encore, le Hollandais doit se contenter de la deuxième place. Les comparaisons avec Poulidor vont bon train et, souvent, Zoetemelk doit faire face aux quolibets des autres cyclistes voire des spectateurs.

 

C’est sur la Grande Bouclede 1980 que Zoetemelk, qui a rejoint l’équipe hollandaise Ti-Raleigh, va réussir là où on ne l’attendait plus ! Hinault impose sa griffe en remportant le prologue, un contre-la-montre et une étape de plaine et, alors que les montagnes ne sont pas encore au menu, Zoetemelk semble déjà avoir perdu la course puisqu’il est à deux minutes d’Hinault. Mais, dans le chrono entre Damazan et Laplume, le Batave réussit un gros coup et reprend 1’39’’ à son adversaire français. Vingt et une secondes, seulement, séparent les deux hommes avant d’attaquer la seule étape pyrénéenne du Tour. Alors qu’on se réjouit du duel, Bernard Hinault surprend tout le monde en annonçant, la veille de la joute tant attendue, qu’il renonce car son genou le fait trop souffrir. Vêtu du maillot jaune, le Blaireau abandonne ; d’aucuns continuent de penser que ce genou douloureux était surtout, pour Hinault, une façon diplomatique de céder face à Zoetemelk à un moment où il était moins fort ! Le 20 juillet 1980, Joop Zoetemelk remporte son unique Tour de France… Zoetemelk sera encore, à 34 et 35 ans, l’adversaire le plus redoutable d’Hinault sur les Tours 1981 et 1982 mais il ne pourra rien faire face à Fignon les deux années suivantes. 23è à 47’40’’, en 1983, et 30è à plus d’une heure en 1984, Joop Zoetemelk sent le poids des ans ; à 38 ans il décide de consacrer l’année 1985 à d’autres objectifs. Bien lui en prend car il ajoute à son palmarès, déjà bien fourni, Tirreno-Adriatico et, surtout, le Championnat du Monde… A près de 39 ans, il devient, à Trévise, le plus vieux Champion du Monde de l’histoire du cyclisme. Début 1986, il annonce qu’il courra une dernière fois, à l’été, le Tour de France. Vêtu du maillot irisé, pouvait-il rêver d’un meilleur adieu à la Grande Boucle ? Il sait qu’il ne peut nourrir aucune ambition face à la jeune garde montante des LeMond, Roche ou Delgado mais, loin d’être ridicule, le Vieux termine 24è, à moins d’une heure de Greg LeMond.

 

Le 27 juillet 1986, à Cosne-sur-Loire, la dernière étape du Tour de France a un parfum de nostalgie. Pour l’ultime fois, Joop Zoetemelk accroche son dossard, pour l’ultime fois il s’élance sur les routes du Tour… Il termine 46è d’une étape remportée au sprint par Guido Bontempi. C’est une belle page de l’Histoire de la Grande Boucle qui se tourne : Joop Zoetemellk c’est 16 Tours de France, tous terminés, 12 top10, 7 podiums (dont 6 deuxième place), 10 victoires d’étapes et 22 maillots jaunes… Il aura eu la grande malchance, sur sa très longue carrière de devoir affronter deux adversaires hors du commun, Merckx d’abord et Hinault ensuite. Sans quoi, Zoetemelk eut gagné plusieurs Tours de France et se serait forgé l’un des palmarès les plus brillants du cyclisme.

 

Au sein de l’équipe Superconfex, Joop Zoetemelk rempilera pour une toute dernière saison en 1987. Il ne participera pas au Tour de France mais s’offrira, au printemps, une dernière grande victoire lors de la seule classique hollandaise du calendrier, l’Amstel Gold Race, à 41 ans...

 

Tour de France 1986

Classement final

1. Greg LeMond (La Vie Claire)

2. Bernard Hinault (La Vie Claire) à 3’10’’

3. Urs Zimmermann (Carrera) à 10’54’’

Maillot vert : Eric Vanderaerden (Panasonic)

Maillot à pois : Bernard Hinault (La Vie Claire)

Meilleur jeune : Andy Hampsten (La Vie Claire)

 

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Published by Olivier Moch - dans A découvrir
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