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2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 11:14

Série de l’été – La première caravane publicitaire du Tour de France, 2 juillet 1930.

 

tdf02.jpgLe 24è Tour de France s’élance de Paris, le 2 juillet 1930. Henri Desgranges, le patron du Tour, y intègre deux nouveautés d’importance :

 

Premièrement, la suppression des équipes de marques : finis le sponsoring et les différences de matériel selon les moyens des formations au départ. Désormais, le Tour de France se courra par nations et chacune d’elles aura le même matériel fourni par les organisateurs, surtout les bicyclettes. La course par nations perdurera jusqu’en 1962 mais les organisateurs cesseront rapidement de fournir le matériel tant cela coute cher.

 

Deuxièmement, la caravane publicitaire : l’apparition de ce cortège découle de la décision précédente, en effet afin de financer la fourniture de matériel aux participants, les organisateurs doivent trouver un gros apport d’argent. L’idée d’offrir un espace promotionnel à des annonceurs émane d’Henri Desgranges et de Jacques Goddet, les deux têtes pensantes du Tour de France. Il s’agit de faire défiler des marques qui auront payé pour le faire devant le public massé le long des routes.

 

Un appel est lancé à toutes les grandes marques de France dont une grande partie répond favorablement. Le concept imaginé par Desgranges et Goddet fonctionne parfaitement, beaucoup mieux que ce qu’ils n’avaient espéré même puisque au fur et à mesure des étapes, de plus en plus de gens se pressent pour voir passer les véhicules qui vantent les mérites de La Vachequi Rit, Dubonnet, Miror, Valda ou Peugeot. Rapidement, la caravane publicitaire devient une institution du Tour de France, elle s’installe comme un élément naturel et important de chacune des étapes. Désormais, le public ne vient plus uniquement pour voir passer les coureurs… C’est que, au fil des années, les annonceurs rivalisent d’ingéniosité pour capter l’attention de la foule. Chansons, musiques, lancé de gadgets promotionnels deviennent le lot quotidien de la caravane. En 1955, l’accordéoniste Yvette Horner, très en vogue alors, donne même chaque jour un récital juchée sur le toit d’une Citroën Traction. Dans les années ’50, et jusqu’au milieu des années ’70, le Tour de France est un véritable spectacle qui se divise en trois parties distinctes mais intimement liées : le passage de la caravane publicitaire, la course et, en soirée, les podiums musicaux sur lesquels se produisaient les artistes les plus célèbres du moment… Chaque jour de juillet, bien que la tradition des équipes nationales ait cédé le pas au retour des équipes de marque, la France s’anime au passage du Tour de France.

 

Dans la seconde partie des années septante, le spectacle tend à disparaître au profit – c’est le cas de le dire ! – de l’aspect commercial de la caravane. Celle-ci continue de défiler avant le passage des coureurs, les objets promotionnels continuent de pleuvoir mais finies les animations nocturnes. On entre dans une ère de rentabilité, la caravane est rentable ; le podium du soir ne l’est pas… Felix Levitan, qui a rejoint Jacques Goddet à la direction du Tour de France, contribue à cette rentabilisation à outrance de la caravane.

 

La caravane d’aujourd’hui

 

Indissociable du Tour de France, mais aussi de nombreuses autres courses cyclistes, la caravane publicitaire est un défilé coloré qui permet de patienter jusqu’au passage des coureurs. Aujourd’hui, pour 39% des spectateurs massés au bord de la route, c’est même devenu la priorité de la journée(1). Il faut dire que c’est un spectacle à part entière, qu’il dure près d’une heure alors que le passage des coureurs ne dure que quelques secondes et que l’on reçoit des cadeaux à profusion…

 

La caravane en chiffres…

 

La caravane publicitaire moderne c’est :

± 200 véhicules

20 kilomètres de long

600 personnes mobilisées

40 à 50 marques représentées

16 millions d’objets promotionnels distribués

 

Mais aussi – et surtout ! – un coût entre 200.000 et 500.000 euros(1) pour l’annonceur qui souhaite être présent sur la caravane publicitaire du Tour de France… Mais le jeu en vaut la chandelle semble-t-il : «Globalement, tout compris, un Tour nous coûte entre 500 et 800 000 €. Pour des retours sur investissement dix fois supérieurs...» dit le responsable d’une société charcutière bien connue présente sur le Tour depuis plusieurs années(2).

 

Tour de France 1930

Classement final

1. André Leducq (France)

2. Learco Guerra (Italie) à 14’13’’

3. Antonin Magne (France) à 16’03’’

Maillot vert : pas encore existant (créé en 1953)

Maillot à pois : pas encore existant (créé en 1933)

Meilleur jeune : pas encore existant (créé en 1975)


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(1) source : site internet du Tour de France

(2) Tour de France : c’est l’autre caravane des vacances, par Patrick Desprez, in La Dépêche, 10 juillet 2008

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Published by Olivier Moch - dans A découvrir
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