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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 10:53

Série de l’été – Et Charly Gaul triompha des éléments, 15 juillet 1958.

 

tdf15.jpgCharly Gaul, le plus grand cycliste que le Grand-duché du Luxembourg ait enfanté encore que les frères Schleck commencent à lui disputer ce titre honorifique, s’en est allé, le 6 décembre 2005, quelques heures avant son 73è anniversaire. C’était un jour pluvieux comme ceux qu’il affectionnait tant lorsqu’il était coureur ; un jour pluvieux comme ceux où il a accompli ses plus grands exploits sportifs au Tour de France et au Giro. Je vous emmène, aujourd’hui dans cette Série de l’été, au pied des cols de Lautaret, de Luitel et du Granier, dans le massif de la Chartreuse. Noussommes en juillet 1958, sur le Tour de France. La Grande Bouclese court alors par nations et Charly Gaul fait partie d’une équipe mixte Pays-Bas/Luxembourg. Le Tour fait honneur à l’exposition universelle de Bruxelles puisque le départ est donné sous l’Atomium. Les grands favoris de cette édition sont Jacques Anquetil, vainqueur en 1957, Federico Bahamontes le grimpeur espagnol, et Raphaël Geminiani, qui prend le départ sous les couleurs de la Région centre/Midi… Charly Gaul est quelques fois cité car il a déjà terminé sur le podium du Tour, c’était en 1956 alors qu’il venait de remporter le Tour d’Italie…

Mais au soir de la 20è étape, les choses semblent claire, trois hommes peuvent encore prétendre à la victoire finale : Geminiani qui est maillot jaune, Favero, un Italien classé deuxième à 3’47’’ et le favori de toute la France, Jacques Anquetil, 3è à 7’52’’. Il reste quatre étapes dont une de montagne et un contre-la-montre de 74 kilomètres. Roi du chrono, Anquetil peut refaire son retard, du moins en temps normal car il est malade et ses jambes ne sont pas sûres ! Charly Gaul est sixième du général à plus de 16 minutes, il s’est royalement planté dans les deux premières étapes alpestres et ne représente plus un danger potentiel pour le trio de tête ! Mais voilà, la conjonction de deux éléments fait dire à Gaul que la 21è étape qui relie Briançon à Aix-les-Bains sera la sienne : la météo annonce un temps pluvieux et très froid, des conditions qui plaisent au Luxembourgeois, en outre Gaul est sûr de ses jambes, son coup de barre est passé ! Alors, fort de ses deux éléments – le temps et la solidité de ses jambes -, il annonce clairement qu’il passera à l’attaque dans le col de Luitel… Et il le fait ! La pluie est glacée et pénétrante mais à chaque tour de pédalier, Gaul distance un peu plus tous ses rivaux ! Aidés par ses équipiers, Geminiani tente de résorber l’écart au plus vite mais le leader du Tour se met dans le rouge et explose complètement. Les conditions climatiques achèvent de ruiner la santé d’Anquetil qui s’effondre dans le col de Porte… A chaque pointage, l’avance de Gaul sur Geminiani s’accroît : 5’30’’ au sommet du col de Porte ; 7’50’’ au sommet du Cucheron ; 12’20’’ au passage du col du Granier et, finalement, 14’35’’ à l’arrivée à Aix ! Sur moins de 200 kilomètres, Charly Gaul a refait 90% de son retard au général et relégué son plus dangereux rival contre la montre, Anquetil, à plus de 17 minutes ! Clairement, au soir de la 21è étape et à trois jours de l’arrivée, Charly Gaul a endossé le statut de grand favori… Le maillot jaune de Raphaël Geminiani ne tient plus qu’à un fil !

Classement avant et après la 21è étape

20è étape
1. R. Geminiani
2. V. Favero à 3’47’’
3. J. Anquetil à 7’52’’

6. Ch. Gaul à 16’03’’

21è étape
1. V. Favero
2. R. Geminiani à 39’’
3. Ch. Gaul à 1’07’’

5. J. Anquetil à 17’10’’

Un contre la montre pour parachever l'œuvre...

La 22è étape n’apporte aucun changement au général puisque le peloton termine groupé à un peu plus d’une minute d’un trio d’échappés. Ce sont donc les 74 kilomètres contre la montre qui relient Besançon et Dijon qui vont faire la différence. Anquetil aussi malade que dégoûté du retard qu’il a accumulé renonce à prendre le départ. Charly Gaul s’élance avec le rôle de favori de l’étape et avec 1’07’’ à reprendre à Favero… Il le rejettera à 3’17’’ tandis que Geminiani concède, pour sa part, 3’03’’ au Luxembourgeois ! Gaul assoit sa victoire finale dans le Tour de France 1958… Il la doit surtout à son exploit dans la Chartreuse où il a dominé les cols de Luitel, de Porte, du Cucheron et du Granier ! L’Ange de la Montagne, comme on l’avait déjà surnommé auparavant, s’est encore élevé par delà les cimes pour triompher de l’épreuve cycliste la plus prestigieuse qui soit ! Gaul ne remportera pas un second Tour de France, peu importe car il a inscrit son nom dans la légende de l’épreuve sportive la plus dure qui soit ! Solitaire, il vivra quelques temps en ermite dans les Ardennes à l’issue de sa carrière avant de revenir sillonner le milieu cycliste dans les années ’90 s’étant pris d’affection pour le grimpeur italien Marco Pantani qu’il considérait comme son héritier…

 

Tour de France 1958

Classement final

1. Charly Gaul (Luxembourg/Pays-Bas)

2. Vito Favero (Italie) à 3’10’’

3. Raphaël Geminiani (Centre-Midi) à 3’41’’

Maillot vert : Jean Graczyk (Centre-Midi)

Maillot à pois : Federico Bahamontes (Espagne)

Meilleur jeune : Non existant (créé en 1975)

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Published by Olivier Moch - dans A découvrir
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