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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 10:19

Série de l’été : Le jour ou Ocaña a offert le Tour de France à Van Impe, 10 juillet 1976.

 

tdf10.jpgUne grande question marque le printemps 1976, Merckx a-t-il digéré son échec sur le Tour de France 1975 ? Le Cannibale sera-t-il au départ pour remporter un sixième Tour prêt à lutter avec son rival Bernard Thévenet qui le dompta l’été précédent. L’on aura très vite la réponse à cette question. Malgré une septième victoire dans Milan – San Remo au début de l’année, Merckx loupe plutôt sa saison. L’usure commence à se faire sentir, il est davantage sur le déclin qu’au sommet. En outre, il se blesse sur le Giro et doit renoncer à prendre le départ de la Grande Boucle. Bernard Thévenet (Peugeot) fait donc office de super favori et parmi ses rivaux potentiels l’on cite l’éternel Joop Zoetemelk (Gan-Mercier) qui a déjà terminé cinq fois dan le top 5 du Tour, dont deux fois second, et qui finira bien par en gagner un… Mais après Zoetemelk c’est le désert ! Certes les grimpeurs purs comme Galdos (Kas), Lopez-Carril (Kas), Battaglin (Jolly) ou Van Impe (Gitanes) devraient pouvoir jouer leur carte pour un classement mais pas pour la victoire. Le champion du Monde Hennie Kuiper (Ti-Raleigh) et le tout juste quadragénaire Raymond Poulidor (Gan-Mercier), qui participe à son dernier Tour de France et qui a envie de sortir par la grande porte, sont cités au rang d’outsiders possibles. Quant à Luis Ocaña (Super Ser), il semble tellement hors forme que son nom n’est même pas cité… Côté belge, on semble devoir se contenter de victoires d’étapes avec le véloce Freddy Maertens (Velda-Flandria), qui vise le maillot vert, et un top 10 avec Michel Pollentier (Velda-Flandria) et/ou Lucien Van Impe.

 

Le Tour de France 1976 débute en Vendée dans une certaine nonchalance, beaucoup de suiveurs, de journalistes et d’analystes redoutent une mainmise totale de Thévenet. Dès le départ, Freddy Maertens marque son territoire, il remporte le prologue, la première et la troisième étape. Il est paré de jaune et, surtout, de vert. Kuiper profite du passage en Belgique pour se signaler – victoire à Bornem et victoire dans le chrono par équipe à Louvain – et se replacer au général. Maertens reste en jaune et surprend tout le monde en remportant la première étape de moyenne montagne, à Mulhouse, après avoir suivi les grimpeurs dans le Grand-Ballon, et en se classant second de l’étape Divonne-les-Bains qui comportait pourtant deux cols de 3è catégorie… Nous sommes au pied des Alpes et le solide flandrien domine toujours le classement général. Pollentier est deuxième à 2’04’’, Kuiper suit à 3’16’’. Poulidor pointe à la cinquième place, à 3’31’’, Van Impe est dixième à 3’54’’ quant aux deux favoris, Zoetemelk est à 3’55’’ et Thévenet le suit en embuscade. L’Alpe d’Huez est le premier grand rendez-vous de ce Tour 1976. Une étape de 258 kilomètres avec le col de Luitel en guise d’apéritif… Joop Zoetemelk décide de dynamiter la course. Il s’envole et seul le grimpeur belge Lucien Van Impe peut suivre. Zoetemelk remporte un superbe succès mais il prend surtout une première avance sur ses rivaux. Pollentier, Maertens et Kuiper perdent 4’51’’, Ocaña concède 6’25’’ mais le plus intéressant est que Thévenet a du débourser près de deux minutes. Lucien Van Impe endosse le maillot jaune, Zoetemelk est juste derrière, à huit petites secondes. Le Batave se voit enfin vainqueur du Tour… Il confirme en remportant aussi l’étape de Montgenèvre le lendemain sans toutefois parvenir à reprendre du temps cette fois.

 

Ocaña fait la nique aux favoris

 

Les Pyrénées s’enchainent aux Alpes avec une seule étape de transition qui se résume à une balade en solitaire de l’Espagnol Viejo. Quatre étapes montagneuses à souhait attendent le peloton. Van Impe est toujours en jaune et son Directeur Sportif, Cyrille Guimard lui fait comprendre que ce Tour pourrait être le sien. Le Grimpeur belge a l’habitude de se concentrer sur le classement de la Montagne qu’il a déjà gagné trois fois (71, 72 et 75) mais les quatre étapes pyrénéennes peuvent le servir. Van Impe n’est pas convaincu de ses possibilités mais il est tout prêt à suivre les conseils de Guimard dont on sait l’inégalable science de la course. Pourtant, dès le premier rendez-vous il doit subir la loi de Raymond Delisle qui remporte l’étape en solitaire et prend le maillot jaune. Van Impe reste dans le rythme de Zoetemelk tandis que Thévenet concède encore un peu de temps. Le vainqueur sortant ne devrait pas reconduire son titre… Le lendemain, Willy Terlinck gagne une triste étape à Saint-Gaudens marquée par le déclassement de Régis Ovion, il ne s’est en fait rien passé et c’est quasiment groupé que le peloton fait l’étape.

 

Arrive, le 10 juillet, l’étape très attendue de Saint-Gaudens à Saint-Lary-Soulan. Elle fait peur avec quatre cols dont le fameux Peyresourde et le Pla d’Adet, montée finale vers Saint-Lary. Luis Ocaña qui a sombré dans les Alpes entend s’illustrer lors de cette étape aussi file-t-il, accompagné de quelques coureurs dès le col du Portillon. Son avance culmine à six minutes sur un peloton où les favoris s’observent. Cyrille Guimard a remarqué que Zoetemelk n’est pas au mieux de sa forme et que Thévenet n’est que l’ombre de lui-même, il y a un gros coup à jouer aussi contraint-il Lucien Van Impe à attaquer dès le pied des pentes assassines de Peyresourde. En plaçant son attaque aussi tôt, le grimpeur belge peut prendre beaucoup d’avance à ses rivaux… ou exploser complètement ! Van Impe passe à l’assaut et, dans un style aérien, à tôt fait de reprendre le groupe Ocaña. Si les deux hommes collaborent, cela peut faire très mal et, derrière, Joop Zoetemelk s’en rend compte. Il décide de réagir pour tenter de combler les deux minutes qui le séparent, à ce moment-là, de Van Impe et Ocaña. Celui-ci, trop content de faire la nique aux favoris, décide de rouler pour Van Impe et il emmène le petit Belge vers la victoire d’étape. Exténué après sa longue cavale, Ocaña s’effondre dans le Pla d’Adet laissant Van Impe terminer seul. Zoetemelk reprendra Ocaña mais pas Van Impe qui l’emporte en solitaire avec plus de trois minutes d’avance. Dans le final de la montée de Peyresourde et dans la descente de ce col, le forcing d’Ocaña aura fait perdre plus d’une minute à Zoetemelk qui pointait déjà à deux minutes. Ce 10 juillet 1976, Ocaña a réellement offert le Tour de France à Lucien Van Impe. Les écarts sont immenses : Zoetemelk à concédé 3’12’’, Lopez-Carril, Galdos et Poulidor plus de dix minutes, Delisle, encore en jaune le matin, en perd douze… Pollentier et Thévenet plus de treize.

 

Grâce au coaching pointu de Cyrille Guimard et à l’aide précieuse de Luis Ocaña dans Peyresourde, Lucien Van Impe remporte son unique Tour de France, le dernier à ce jour remporté par un coureur belge…

 

Tour de France 1976

Classement final

1. Lucien Van Impe (Gitanes)

2. Joop Zoetemelk (Gan-Mercier) à 9’51’’

3. Raymond Poulidor (Gan Mercier) à 11’06’’

Maillot vert : Freddy Maertens (Velda-Flandria)

Maillot à pois : Giancarlo Bellini (Brooklyn)

Meilleur jeune : Enrique Martinez Heredia (Kas)

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Published by Olivier Moch - dans A découvrir
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commentaires

Robert 05/06/2016 20:44

Le commentaire sur cette étape est ridicule. Van Impe a quasiment fait l'étape tout seul après son démarrage dans la col du Portillon, rattrapant et distançant tous les échappés de la 1ère heure. Son avance sur Zoetemelk 2 minutes au somment de Peyresourde quand il rejoint Ocana est la même au pied du Pla d'Adet. Descente de Peyresourde et 10 km de plat avec Ocana, c'est tout. Dès le pied du Pla d'Adet, il s'envole reprenant plus d'un minutes à Zoetemlek tout seul sans l'aide de personne. Ocana a juste été un compagnon de route de quelques km, comme derrière, Martens et quelques autres l'ont été pour Zoetemelk