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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 10:12

La marche pour rendre hommage au jeune braqueur abattu par un bijoutier était simplement indécente !

braquage.jpgJe ne comprendrais décidément jamais l'âme humaine ! Hier soir, au journal parlé de la RTBF et ce matin, en faisant ma revue de presse quotidienne, j'ai été surpris par cette marche organisée à Tubize en hommage - c'est le terme utilisé - à l'adolescent qui a été tué par le bijoutier qu'il était occupé à braquer. Je ne veux pas polémiquer ou me positionner sur le droit ou non qu'avait le bijoutier de se défendre et de tirer sur son agresseur, juste dire que le juge d'instruction retient que l'homme était en état de légitime défense, qu'il y a plusieurs éléments qui plaident en ce sens... Des élements qui devront être vérifiés durant l'enquête mais, pour l'heure, la légitime défense tient la route. Il me semble aussi qu'au vu du fonctionnement de la justice, on se dirige de plus en plus vers une forme d'autodéfense... avec toutes les dérives qui pourront y êtreliées. Ce qui est heurtant est que d'aucuns - la famille du gamin en tête - veulent faire passer cet ado pour un ange alors qu'il était en fait un voyou. Si les deux braqueurs n'avaient encore jamais été condamnés, celui qui est mort devait comparaître prochainement devant le tribunal de la jeunesse pour des faits de vols commis en 2008 et 2009. Lorsqu'un gamin en attente de comparution pour vols décide de braquer une bijouterie avec une arme, il est tout le contraire d'un ange... je dirais même qu'il était sur la voie du grand banditisme ! Alors oui, cette marche organisée en son honneur à Tubize me heurte profondément. Elle s'est passée plus ou moins dans le calme, tout juste doit-on déplorer quelques jets de pierre, mais c'est son essence même qui est dérangeante. Comment peut-on organiser et/ou une marche en l'honneur d'un braqueur ? C'est assez révélateur de la société actuelle, il n'y a plus de sanction morale... Un gamin se comporte mal, on lui trouve toutes sortes d'excuses ! Les parents actuels semblent avoir un réel souci comportemental avec les actes de leurs enfants; ils les protègent quel que soit la gravité de leurs actes. C'est non seulement une erreur mais aussi un comportement déplacé. Lorsque l'on pose un acte, il faut pouvoir en assumer les conséquences d'autant plus lorsque l'acte va à l'encontre de la morale. C'est une simple question d'éducation et de culture ! Mais d'éducation et de culture il est de moins en moins question aujourd'hui !

Je me souviens d'un bel été de l'année 1982, j'avais 12 ans et avec quelques potes on avait décidé d'une virée à vélo. Pour gagner du temps, on avait coupé par une rue en sens unique que l'on ne pouvait, évidemment, pas prendre (ndlr c'était encore l'époque où l'on autorisait pas les cycliste à remonter stupidement les sens unique !). Au bout de cette route en longue descente, il y avait par le plus grand des hasards un agent de police qui avait stationné son véhicule car il avait à faire dans le quartier. Ils nous a vu et n'a pas manqué de nous arrêter à grands coups de sifflets. Résultats de l'opération, quatre lascars embarqués dans le combi de police pour aller déposer les vélos confisqués au commissariat de quartier et, ensuite, raccompagnés chez eux... Ramener à la maison en combi, quelle honte ! L'engueulage n'a pas manqué de suivre chez chacun d'entre nous. Cette anecdote insignifiante pour dire que si d'aventure à 16 ans, à 17 ans ou même après je m'étais aventuré à braquer une bijouterie avec une arme à feu, fut-elle factice, mes parents seraient morts de honte. Ils se seraient cachés sous terre plutôt que d'avoir à faire face à ce déshonneur causé par leur enfant. Ils n'auraient jamais imaginé, tant leur peine et leur honte eussent été immenses, de prendre la tête d'une marche en mon honneur ou de faire quelque déclaration que ce soit... Quant à mon grand-père, contrairement à celui du gamin abattu, jamais il n'aurait osé écrire une lettre ouverte dans laquelle il aurait minimisé l'importance de mes actes. Il aurait été si malheureux que son petit-fils ait pu avoir l'idée de braquer une bijouterie qu'il en aurait renié sa filiation !

Le bijoutier porte-t-il la responsabilité de la mort de l'ado ? Une part, probablement, car il aurait pu viser les jambes... encore que sous la pression qui devait être la sienne avec une arme (factice, fallait-il encore le savoir !) diable sait comment chacun d'entre-nous aurait pu réagir. Mais, la responsabilité principale de ce fait divers repose, à mes yeux, incontestablement sur les épaules des deux braqueurs. S'ils n'avaient pas pris la décision de braquer la bijouterie, ils n'en seraient pas où ils sont aujourd'hui, l'un sous mandat d'arrêt et l'autre... au cimetière !

"C'était un garçon ordinaire, ce n'était pas le voyou que certains peuvent prétendre" affirmait la maman dans la presse d'hier(1). Malgré que je puisse appréhender toute la tristesse et la détresse de cette dame, je dois à la vérité de dire que si, c'était bel et bien un voyou... L'était-il avant, je n'en sais rien, je penche pour l'affirmative mais ne serais pas catégorique car je ne connais pas le passé de cet ado. Mais à partir du moment où il a décidé d'entrer dans une bijouterie avec une arme pour la braquer, il est devenu un voyou. Ce gamin avait mis le pied sur un chemin où il est réellement difficile de faire demi-tour. Il est hélas arrivé au bout de ce chemin d'une façon, somme toute, logique ! A vivre par la violence, on périt par la violence...

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(1) Mon fils n'était pas un voyou, par Yannick Natelhoff, in La dernière Heure/Les Sports, 6 décembre 2010

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Published by Olivier Moch - dans Le monde est fou !
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