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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 08:57

A force de cumuler les échecs, Reynders sera bientôt mat !

reynders02.jpgLors du dernier scrutin législatif, en juin 2007, je mettais en exergue la responsabilité d’Elio di Rupo dans la défaite cuisante du Parti Socialiste qui avait perdu des points dans toutes les régions de Wallonie et à Bruxelles et qui allait se retrouver dans l’opposition au fédéral avant, du moins, que les maladresses d’Yves Leterme ne fassent revenir le PS aux affaires. Il convient d’en faire autant, cette fois au terme du scrutin régional, avec celui qui apparait réellement comme le grand perdant de ces élections : Didier Reynders ! Soyons clairs et précis, si le MR se retrouve aujourd’hui aux portes de l’opposition, en Wallonie et à Bruxelles, c’est clairement de la faute à Reynders ! D’ailleurs, au sein même de la fédération libérale plusieurs voix s’élèvent pour lui jeter la pierre, à commencer par Gérard Deprez, le Président du MCC une des composante du Mouvement Réformateur. Deprez met en lumière trois raisons de ce qu’il reconnait comme étant une défaite du MR :
1. le message peu sécurisant, en temps de crise, du MR à l’attention de la population ;
2. la démobilisation de certains MRistes suite à des sondages qui leur semblaient favorables ;
3. le ton trop radical de Didier Reynders à l’encontre du PS pendant la campagne.

L’analyse de Gérard Deprez me parait lucide, contrairement à celle d’un Reynders qui continue de clamer une victoire une victoire de sa formation. Aujourd’hui avec un renforcement de l’Olivier sortant à Bruxelles et la possibilité de créer ce même Olivier à la Région Wallonne, le MR est vraiment à deux doigts d’une cure d’opposition. Avant le scrutin, Reynders clamait haut et fort qu’il allait faire du MR le premier parti francophone, qu’il comptait reprendre le leadership à Bruxelles afin d’inverser complètement le centre de gravité politique du sud du pays. Les sondages jouaient assez en sa faveur et l’ont même, ai-je trouvé, conforté dans son arrogance. Sa campagne agressive et désagréable a permis au MR de redevenir le premier parti de la Région Bruxelles-Capitale mais c’est davantage lié à la chute du PS qu’à un regain du MR qui, ne l’oublions pas, à quand même perdu un siège à Bruxelles. Mais, cette reprise de leadership bruxellois s’est, surtout, faite au détriment de celui qui avait été acquis, en 2007, en Wallonie ! Le PS, tout en perdant, des sièges est redevenu le premier parti wallon !

Alors, quand on perd un siège à Bruxelles, qu’on perd son leadership en Wallonie et que l’on est aux portes de l’opposition des deux côtés, peut-on raisonnablement parler de victoire ? Si les Bleus volent dans l’opposition, il conviendra d’ajouter cet échec cuisant à la liste de ceux que l’on peut imputer à Didier Reynders…

Litanie des échecs politiques de Didier Reynders

Car les échecs cuisant, Didier Reynders les collectionne depuis quelques temps. Depuis 2006 serais-je tenté de dire…

 

Il briguait alors le maïorat de Liège et n’avait pas hésité à placarder un peu partout dans la Cité Ardente des affiches sur lesquelles on lisait le très effronté slogan «Didier Reynders Votre Bourgmestre» comme si la cause était entendue. Déjà à l’époque, il n’avait pas hésité à être agressif verbalement avec le Bourgmestre sortant (et réélu !) Willy Demeyer et le PS dans son ensemble. Il avait même, si je ne m’abuse, aussi crié victoire avant de devoir s’effacer, avec plus de 1700 voix de retard, devant Willy Demeyer. L’alliance PS/CDH avait été reconduite et celui qui se voyait Bourgmestre à la place du Bourgmestre est retourné s’asseoir sur les bancs de l’opposition… Premier échec !

L’année suivante, Didier Reynders emmène sa fédération libérale aux élections législative. Au soir du scrutin, il clame haut et fort, déjà, qu’il a renversé le centre de gravité politique en Wallonie. Fort de cette victoire, Reynders rêvait de renvoyer les Socialistes dans l’opposition fédérale en créant une belle Orange Bleue avec le CDH pour aller au gouvernement. Il est même nommé Informateur par le Roi… Mais, sur fond de crise communautaire, il faut six mois de négociation pour voir finalement revenir dans un gouvernement bancal des Socialistes ricanant bien sous leur nœud pap’… Deuxième échec !

Toujours à l’issue de ce scrutin législatif de 2007, et toujours fort de sa victoire dans les urnes, Reynders s’entrevoyait même, tout un moment, comme le premier Premier Ministre francophone depuis l’éphémère transition de Paul Vanden Boyenants entre octobre 1978 et mars 1979 ; la encore il dut s’effacer au profit d’un Leterme qui ne réussira qu’à se planter. On lui préféra un incapable… Troisième échec !

Vint ensuite, fin 2008, la crise bancaire dans laquelle Reynders essaya de se poser en sauveur des banques (n’était-ce pas son rôle en tant que Ministre des Finances ?) mais face à la révolte des petits actionnaires, il dut encore essuyer un fameux camouflet… Quatrième échec !

Début 2009, Didier Reynders tente de raccrocher le nouveau parti - LiDé - du trublion flamand Rudy Aernoudt à la fédération réformatrice. Un accord est même trouvé, ainsi pour former le bastion anti-socialiste le plus fort possible, Reynders n’hésite pas à ratisser large, rassemblant toute la frange politique qui va du centre jusqu’aux frontières de l’extrême droite. Bref, il fait du MR une association de partis qui regroupe des ultralibéraux, des Flamands, des ex-centristes (et aussi quelques excentriques d’ailleurs !), des germanophones, des francophones, des pluralistes, des droitistes modérés, des défenseurs de Bruxelles, des… j’en passe et des meilleures. Bonjour l’idéologie commune ! Mais l’union de LiDé et du MR ne dure que… 72 heures car le FDF menace de quitter le navire et Gérard Deprez de ne pas prendre place sur la liste MR pour le scrutin du 7 juin 2009. Pour éviter que sa fédération n’implose, Reynders renie l’accord avec LiDé… Cinquième Echec !

Et désormais se profile donc à l’horizon un sixième cuisant échec si naissent des Oliviers en Wallonie et à Bruxelles…

Cela fait, en moins de trois ans, beaucoup d’échecs politiques pour un seul politicien, non ?

J’entends ça et là, et je lis sur les forums des quotidiens notamment, que beaucoup de monde remet en question la présidence du MR. Reynders doit-il s’effacer ? Selon vox populi, on pourrait le croire mais il se trouve encore, au sein de son parti, beaucoup de pontes pour soutenir le chef dans sa démarche. J’entendais hier, sur Bel-RTL quelques réactions à la sortie du Bureau politique du MR ; fichtre me suis-je dit, il existe bel et bien un culte du chef au MR… On aurait pu se croire au temps glorieux du communisme soviétique ou du Lider Maximo de Cuba ! Mais, au PS aussi il se trouve quelques personnes très attachées à l’idée (non pas à LiDé) que Reynders reste Président du MR. Ainsi ce militant socialiste qui me disait hier soir, au détour d’une conversation à bâtons rompus : «Moi je suis pour que Reynders reste Président comme ça on est sûr que le MR ne gagnera jamais rien !». Aaah le bon sens populaire…

Aujourd’hui, je pense clairement que si l’Olivier est planté à la Région Wallonne et à la Région Bruxelles-Capitale, le MR devra reconnaitre la responsabilité de son Président, tourner la page Didier Reynders et mettre à sa place un homme compétent – je pense distinctement à Louis Michel ! – afin de repartir sur de bons rails pour les enjeux politiques qui se profilent en 2011 et 2012. Je me demande, même si le MR devait entrer dans un des gouvernements régionaux, s’il n’est pas temps de dire au revoir à Reynders car à force de cumuler les échecs, il sera bientôt mat !

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Published by Olivier Moch - dans Actualité
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