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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 10:38

Un moment de délicatesse pure et de bonheur intense à Londres...

Afternoon-Tea-08.jpgSur Brompton Road, en plein coeur de Londres dans le quartier de Knightsbridge, se dresse le temple du luxe anglais, Harrods. Edifié à l'époque Victorienne, le magnifique immeuble imaginé par Charles Henry Harrod en vue de l'Exposition Universelle de 1851 - la première du genre - et de l'affluence qu'elle allait généré, est rapidement devenu un lieu incontournable des classes aisées de Londres. En un peu plus de 150 ans, Harrods a développé une réputation d'excellence, de qualité et luxe qui continue à faire sa réputation. Sa devise, Omnia ubique omnibus (De tout, partout, pour tous) à contribué à la renommée du grand magasin londonien. On peut tout y acheter, du dé à coudre à l'éléphant... disait une réclame dans les années '60. Soucieux de vérifier cet argument de vente, un client commanda effectivement un bébé éléphant... qui lui fut livré quelques semaines plus tard ! J'avoue que ce magasin, qui garde quelque chose de magique à mes yeux, est devenu un incontournable lorsque je passe par Londres, ne fut-ce que pour son fabuleux Food Hall, la plus remarquable des épiceries fines qui soient. Pour Noël, nous avions donc décidé avec ma tendre chérie, de retourner à Londres profiter de l'ambiance inégalée de ce moment de l'année. Pour prolonger le bonheur qui fut le nôtre de séjourner dans la capitale anglaise, nous avions choisi de ponctuer le moment par un afternoon tea dans le prestigieux restaurant georgien de Harrods. Aussi avais-je réservé une table par le biais du site Bookatable. L'excellence et la qualité se sont marqués dès cet instant ! A peine avais-je confirmé ma réservation en ligne que je recevais un courriel de confirmation qui me demandait de surveiller ma boite mail. Et quelques instants plus tard, c'est un second e-mail qui me parvenait, de chez Harrods cette fois, dans lequel étaient insérés le menu de l'afternoon tea, quelques images du Georgian Restaurant et des délicatesses qui nous attendaient. Dès lors, je ne pouvais que me réjouir d'être sur place et de découvrir un vrai afternoon tea à l'anglaise. Contrairement à ce que beaucoup pensent, l'afternoon tea - parfois simplement nommé Tea par les Anglais - n'est pas un goûter comme on l'entend dans nos régions. En plus d'être une institution britannique, c'est un vrai repas qui se mange entre 15h00 et 17h00 avec des aliments salés et des douceurs sucrées. C'est un encas copieux qui permet souvent de se contenter d'un souper très léger. La tradition de l'afternoon tea remonte à l'aube de l'époque victorienne, la Duchesse de Bedford, une amie personnelle de la Reine Victoria, transforme le Tea Low - la tasse de thé qui se buvait traditionnellement à 17h00 - en un repas plus conséquent qui permettait de couper la faim jusqu'à l'heure du souper qui se prenait tard alors, entre 21h00 et 22h00, dans les couches aristocratiques et nobles dont les hommes occupaient de hautes fonctions politiques ou dans l'industrie qui les contraignaient à travailler bien au-delà des 20h00.

L'attente fut longue mais le 27 décembre, dans l'après-midi, après avoir flâné dans Saint-James Park, nous sommes arrivés chez Harrods. Habitués du Food Hall, au rez-de-chaussée, où nous ne manquons jamais d'aller faire quelques emplettes quand nous sommes à Londres, nous ne connaissions pas le reste du magasin. Tout juste savions-nous que le restaurant georgien se situe au quatrième des sept étages. 92.000 mètres carrés... c'est grand ! Immense, même ! Un peu perdu au quatrième étage, nous avons demandé notre chemin et une charmante vendeuse du rayon enfant nous renseigna avec une gentillesse et une politesse réelle, non-feinte et absolument pas surjouée. Cette fille avait vraiment l'air d'être fière de travailler chez Harrods et de pouvoir renseigner un client. Certains vendeurs de nos commerces hauts de gamme devraient en prendre exemples et laisser au vestaires leur sourire commercial ou leurs manière pédantes ! Nous y étions, enfin le restaurant georgien était là. A peine entré, j'ai été frappé par l'ambiance calme et cosy qui y régnait. L'espace s'ouvrait devant nous avec son tapis-plain vert gazon, ses chaises roses et ses nappes blanches. De magnifiques bouquets de fleurs, gigantesques, décorent la pièce dans des vases imposants en cristal. La quintescence du raffinement à l'anglaise ! Au centre du restaurant, des colonnes supportent un plafond incurvé ornés de fabuleuses moulures qui renvoient vers une verrière remarquable. Ici, tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté oserais-je écrire en paraphrasant très humblement Charles Beaudelaire qui, lui , parlait probablement des pays-Bas lorsqu'il écrivit ses vers. Mais chez Harrods, ces mêmes mots prennent également tout leur sens pour évoquer ce restaurant inspiré de George V, le Roi bien-aimé, petit-fils de la Reine Victoria, ardent défenseur de l'Empire britannique et du Commonwealth.

A peine a-t-on pu se régaler les yeux de ce magniffique décor que l'on nous emmène déjà à notre table et qu'on nous y installe. Un autre point de vue sur la verrière, un regard sur les jolis sapins qui nous rappellent que Noël est encore frais et que son ambiance ne s'est pas encore éteinte... Le menu est dans nos mains, la serveuse nous laisse choisir. Ce n'est pas compliqué, on a opté dépuis longtemps pour l'afternoon tea complet... Reste le choix du thé ! Pas facile pour quelqu'un comme moi qui n'est pas du tout amateur de ce breuvage dont les Anglais raffolent. Un Saint-James Orange Pekoe ? Un Jasmine Chun Hao ? Un Afternoon Special ? Un Georgian Blend ? Ma Chérie opte, sans hésiter pour une mélange cassis/hibiscus, elle a des goûts plus affirmés que moi en matière de thé. Mon vieux père, grand amateur de thé, disait souvent qu'il n'y a rien de tel que les classiques en la matière... Il n'y a pas de Darjeeling alors j'opte pour un simple Earl Grey, un thé noir indien aromatisé à la bergamotte que, contrairement à ce que raconte la légende, le Comte Charles Grey ne ramena pas d'un voyage diplomatique en Chine... où il ne mis jamais les pieds ! Il n'y a plus qu'à patienter mais l'attente est agréable tant les lieux sont élégants. Sur la nappe blanche, une vaisselle tout aussi blanche avec un fin liséré doré et le H stylisé de Harrods, un sucrier en étain et une passoire à thé dans le même métal avec une double poignée finement travaillée qui repose dans un porte-passoire raffiné. Il y a aussi une jolie rose blanche coupée courte qui repose, romantique, dans son petit vase. Mais bientôt l'on nous apporte notre repas, car c'en est bien un. Un carré de finger-sandwiches, au thon, au poulet, au crable et au fromage blanc avec quelques crudités; des scones natures et aux raisins qui ne demandent qu'à être mangés avec un peu de confiture de fraises, de gelée de pétales de roses et/ou de la bonne crème épaisse de Devon (un régal !); quelques mignardises pâtissières, un macaron, un chou, une tartelette au chocolat et à la mandarine, une mince pie de circonstance. Pendant ce moment intense, la serveuse vient voir si tout se passe bien ! Je me ressers du thé, cet Earl Grey, avec un nuage de lait et un sucre, il passe finalement plutôt bien. Il ne vaut pas, à mon palais, un expresso intense mais je le bois avec un certain plaisir. Le sandwich au fromage blanc et au concombre est d'une finesse incroyable; le fromage est onctueux et suave, le concombre croquant et le pain moelleux à souhait. Celui au poulet est relevé d'une pincée de curry. Le sandwich au crabe est délicat, celui au thon n'est même pas banal. Après ces prémisses salées, il est temps de passer au sucré. C'est exquis ! Tout est succulent, les goûts se bousculent au palais, difficile d'en préférer un... Si pourtant, je dois dire que le scone nature nappé d'une belle cuiller de confiture de fraise et d'une généreuse couche de crème du Devon à ma préférence. Mais cela n'enlève rien à la qualité des autres douceurs proposées...

L'ambiance est reposante, un piano diffuse une subtile musique calme et agréable et, même si le restaurant est richement fourni en convives, la multitude de serveurs s'agitent dans la plus grande des discrétions. Il est, malheureusement, bientôt temps de partir, je demande l'addition que l'on m'apporte dans un élégant étui de maroquin sombre. La note est copieuse, elle aussi, mais sans surprise. Elle n'excède pas ce qui est annoncé sur le site internet de Harrods. Soyons clair, le prix est élevé mais certainement pas cher au regard de la qualité des mets proposés et de la générosité des assiettes. Avant de sortir, un dernier coup d'oeil sur les lieux afin qu'ils restent gravé quelques temps dans nos mémoires. On redescend vers le Food Hall pour nos traditionnels achats de chez Harrods, une ou deux boites de shortbreads pour se souvenir de Londres lorsque l'on sera rentré à Liège et un bocal de lemon curd. Je ne le répéterai jamais assez, l'Angleterre regorge de produits de bouche d'une haute qualité. Il est temps de quitter Harrods, on y reviendra rapidement, c'est sûr, mais après cette poignée de jours passés à Londres pour les fêtes de fin d'année, il faut songer à repartir... Notre train nous attend à 19h34 à Saint-Pancras, le voyage de retour sera empreint des réminiscences de ce somptueux repas au Georgian Restaurant. Truman Capote avait son Breakfast at Tiffany's, j'aurai désormais mon Afternoon Tea at Harrods !



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   - Harrods of Knightsbridge
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Published by Olivier Moch - dans Humeurs
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