Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 08:57

Un énorme merci à La deux (RTBF) d'avoir diffusé un vrai bon film... Dans la médiocrité des programmes de vacances, c'était une bouffée de bonheur !

bobby-long.jpgIl reste quelques bonheurs télévisuels possibles ! Si si, on peut encore passer au travers des séries américaines répétitives et sans originalité, de la télé-réalimerde, des films hollywoodiens sur-Fxisés ou des autres nanars chers aux chaines commerciales qui vendent, plus que jamais, du temps de cerveau humain disponible(1) aux annonceurs publicitaires pour trouver un moment de grande qualité à la télévision. Ce fut le cas, hier soir, sur La Deux, la seconde chaine de la RTBF, avec la diffusion d'un film aussi peu connu qu'exceptionnel : A love song for Bobby Long. Face au vide sidéral et sidérant de la grille des programmes, nous avions décidé avec ma tendre et douce de regarder ce film de Shainee Gabel que ni l'un ni l'autre ne connaissions. Avec un livre à portée de main au cas où... mais de prendre ce livre il ne fut jamais question tant cette adaptation d'un roman de Ronald Everett Caps fut agréable à voir. Un pur moment de poésie cinématographique divinement servi par un John Travolta remarquable qui prouve à l'envi qu'il est capable d'être un excellent acteur lorsqu'on le sort des navets survitaminés à l'adrénaline suintante et aux dialogues taillés à l'arme à feu et une Scarlett Johansson qui s'affiche de plus en plus comme une grande dame du cinéma américain. A travers une histoire simple de maison héritée, Gabel entraîne les spectateurs dans une longue balade introspective de trois personnages un peu paumés mais terriblement attachants qui vont apprendre à s'apprivoiser, une balade servie par une litanie de références à la riche littérature américaine.

Si l'action est plutôt lente, jamais le film ne se tire en longueur tant il est bien narré et ponctué de pointes d'humour amer et de respirations musicales bluesy qui fleurent bon le bluegrass, l'Alabama shuffle et le Honky tonk. A love song for Bobby Long repose sur une ambiance et une photographie remarquables mais aussi, c'est important, sur un jeu d'acteurs. Loin sont les effets spéciaux, les cascades et les coups de feu... c'est aussi pour ça que c'est un excellent film. Oui, on peut faire du cinéma sans hémoglobine, sans Fx et sans poursuites de bagnoles. C'est certainement beaucoup plus difficile mais c'est tellement meilleur ! Car un mauvais scénario, un mauvais jeu d'acteur et une mauvaise réalisation peuvent toujours être sauvés par des effets spéciaux ou des affrontements aussi manichéens que sanglants, il suffit d'entrer dans n'importe quel cinéma pour s'en rendre compte. Mais lorsqu'un réalisateur décide de se passer de tout ce superflu, il se lance un grand défi, celui de faire un bon film qui repose sur un scénario et un jeu d'acteurs. Shainee Gabel y parvient parfaitement avec A love song for Bobby Long !

Je dois dire que la RTBF propose, cet été, une grille de programme plutôt attrayante avec de bons films (il y eut aussi récemment La Machine a explorer le temps, l'excellente adaptation du roman de H.G. Wells par George Pal) et des émissions inédites bien ficelées. Franchement, je ne peux qu'encourager le Directeur des Programmes des chaines de RTL-TVI (celui de TF1 aussi d'ailleurs) à s'en inspirer au lieu de nous livrer des nanars sans intérêt ou des émissions voyeuristes à la limite - du mauvais côté de la limite ! - de la déficience mentale ! Evidemment, ce genre de programme est tellement plus facile à appréhender; plus que jamais la télévision est le fast-food de la culture... ce n'est pas bon mais c'est tellement plus facile ! Mais dans le triste menu du fast-food télévisuel on trouve parfois un petit plat fin et savoureux comme A love song for Bobby Long. Ce qui est effrayant c'est que ce film a fait un bide total au moment de sa sortie en salle, en 2006, et qu'il aura fait un autre bide lors de sa diffusion, hier, à la télévision. C'est vrai qu'il nécessite un petit effort de compréhension et que cet effort intellectuel bien peu de monde est encore disposé à le fournir finalement !

----
(1) Rappelons-nous que c'est ainsi que Patrick Le Lay, ancien Président de TF1, définissait la mission de sa chaine de télévision... une vision extensible à l'ensemble des chaines commerciales !

Partager cet article

Repost 0
Published by Olivier Moch - dans Humeurs
commenter cet article

commentaires