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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 19:01

Pourquoi n'agit-on pas contre l'alcool comme on le fait contre le tabac ?

 

alccol.jpgL’alcoolisme est un véritable fléau de la société ! Il touche de plus en plus de personnes ; en Belgique selon le quotidien Het Volk(1), aujourd’hui un belge sur 20 est alcoolique ! Cinq pour-cents de la population belge présentent donc un trouble profond lié à l’alcool… Cela fait 500.000 personnes ! Le pourcentage est même un peu plus important en Flandres qu’en Wallonie puisque 6% des habitants du nord du pays sont confrontés à ce fléau… Pour en terminer avec les chiffres, le Ministère flamand du Bien-être précise encore que l’alcoolisme est plus affaire d’homme que de femmes puisque la population masculine touchée par l’alcoolisme est de 8% pour «seulement» 3,5% chez les femmes…

Depuis quelques années, les autorités sanitaires ont pris à bras le corps le problème du tabagisme avec succès car, en quelques années, le pourcentage de fumeurs est passée de 28 à 24% en Belgique(2). Les actions menées pour lutter contre la tabagie ont été nombreuses depuis les campagnes publicitaires jusqu’à l’interdiction de fumer dans les lieux publics en passant par l’apposition d’une mention avertisseuse de danger sur les paquets de cigarettes, l’augmentation conséquente du prix du tabac ou les campagnes de prévention scolaire… Mais dans le même temps, quelles actions ont concrètement été menées pour lutter contre l’alcoolisme ? Dans un rapport publié par la Cour des Comptes au début de cette année, l’accent était mis sur «l’insuffisante mobilisation des pouvoirs publics pour répondre au problème majeur de santé publique que représente l'alcoolisme». Le rapport regrettait encore que «la place de l'alcool dans la lutte contre les addictions ne fait toujours pas l'objet d'un consensus et les financements demeurent dispersés»…

Il est clair que l’Etat n’a pas concrètement pris les choses en main aussi efficacement pour lutter contre l’alcoolisme qu’il ne l’a fait pour contrer le tabac ! Tout juste peut-on mettre en exergue la création d’un Conseil de Modération et de Prévention et quelques campagnes de mise en garde sur les méfaits de l’alcool… Mais pas de réel impact direct sur la population comme l’apposition d’une mention avertisseuse de danger sur les bouteilles, pas d’augmentation drastique des prix de l’alcool, pas d’action concrète en milieu scolaire (alors que pourtant les ados ont accès à l’alcool de plus en plus tôt !), pas de d’interdiction de boire de l’alcool dans la rue (et pourtant, il suffit de se promener dans les rue des centres ville pour voir le nombre croissant de buveurs d’alcool)… Puisque l’on a interdit de fumer dans les lieux publics, pourquoi n’interdirait-on pas de boire de l’alcool dans la rue, en ce compris à la terrasse des cafés ?

Alcool et tabac : problèmes similaires ?


D’aucuns rétorquent que les deux problèmes ne sont pas similaires et qu’on ne peut donc pas les aborder de la même façon ; que la proportion d’alcooliques est nettement plus faible que celles des fumeurs (5% pour les consommateurs d’alcools contre 24% pour les consommateurs de tabac) ; qu’il n’y a pas d’alcoolisme passif…

Mais à bien y réfléchir, les deux problèmes sont-ils si différents que cela ?

Il s’agit de deux fléaux qui touchent à la santé publique, l’alcool comme le tabac coûte cher à la communauté et les deux peuvent déboucher sur des addictions sévères et dangereuses tant pour la personne concernée que pour son entourage direct ou indirect… On peut même pousser le parallélisme plus loin en disant que l’alcool comme le tabac est une arme à double tranchant pour l’Etat puisque s’ils constituent un phénomène lié à la santé publique, ils sont aussi sources de rentrées financières importantes via les taxes et les accises !

Par ailleurs, lorsque l’on dit qu’il le problème de l’alcool touche une part moins grande de la population que la tabac, j’aimerais relativiser. Dans les 24% de fumeurs sont comptés ceux qui fument beaucoup et ceux qui ont une consommation quotidienne limitée ou même qui ne fument pas tous les jours. Dans les 5% liés à l’alcool ne sont comptés que ceux qui ont un réel problème d’alcool ; ceux qui boivent un verre ou deux tous les jours ne sont pas comptabilisés, ceux qui se bourrent la gueule une fois de temps en temps, à l’occasion d’une fête de famille ou d’une soirée quelconque ne le sont pas davantage… Mais le type qui boit ses deux verres d’alcools tous les jours n’a-t-il pas une consommation régulière ? Chez ce type, souvent, l’impasse de son verre de vin au repas ou de sa bière le soir devant la télé est inimaginable ; c’est même presque un besoin. Alors, parce que ce verre de vin et/ou cette bière ne le rendent pas ivre, n’a-t-il pas quand même un problème avec l’alcool, ce type ?

Il en va de même pour l’alcoolisme passif ; ceux qui disent que cela n’existe pas sont dans l’erreur la plus totale. Le tabagisme passif consiste à nuire à la santé de celui qui ne fume pas mais qui subit les nuisance de celui qui fume… Quant un alcoolo prend sa bagnole et qu’il va crasher une autre voiture, celui qui est victime de l’accident ne subit-il pas une forme d’alcoolisme passif ? Etre blessé ou, pire, tué, dans un accident causé par quelqu’un en état d’ébriété n’est-il pas une atteinte à la santé ? Il suffit de lire dans nos journaux le nombre d’accidents causé par un conducteur ivre… Tiens, le gamin de 15 ans fauché vendredi soir sur un passage pour piétons par un pochtron n’a-t-il pas été une pauvre victime de l’alcoolisme passif ? Si !

Les jeunes assurent la relève…


Le comportement des jeunes face à l’alcool est en pleine modification ! Ils y ont accès de plus en plus tôt, par le biais de boites types soda (rhum ou vodka coca) qui se laissent boire comme des soda ou des fameux breezers commercialisés par une marque d’alcool bien connue… A la station service ou je fais le plein de ma voiture, il y a un distributeur automatique où ce genre de boissons alcoolisées est accessible à tous en échange d’une pièce glissée dans la machine. Les fameux magasins low-cost contribuent aussi à faciliter l’accès à l’alcool et à la bière surtout… Aujourd’hui pour à peine un euro vous avez dans ce genre de magasins vous pouvez acheter deux ou trois cannettes d’une pils.

Boire est, aujourd’hui, pour les jeunes une sorte d’intégration dans un groupe… Un peu comme le fait d’allumer une clope voici 20 ans ! Selon le site internet
Jeunesse et Santé 20% des jeunes de 13 à 17 ans sont des consommateurs réguliers d’alcool ! Et lorsqu’on les interroge sur leurs motivations, ils répondent que c’est pour être dans l’ambiance et pour s’amuser qu’ils boivent ! Ne sait-on plus s’amuser sans boire ? Oui, les jeunes sont occupés à assurer la relève de la consommation quotidienne d’alcool !

L’alcool est un problème de santé publique au moins aussi important que le tabac, il est urgent que les autorités s’en rendent compte et agissent comme elles l’ont fait pour le tabac… Enfin, si l’on considère que c’est le rôle de l’état d’empêcher la population de boire ou de fumer !

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(1) «Minister Vanackere in actie tegen alcohol misbruik» par T.Y. in Het Volk du 19 novembre 2007.
(2) source :
Opladis

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Published by Olivier Moch - dans Le monde est fou !
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commentaires

Georges Domert 04/02/2013 23:24

ALCOOLISME PASSIF DEFINITION VERSION 12.9 -FIN DE L' EBAUCHE- PAR GEORGES DOMERT :
http://blog.doctissimo.fr/maedre/alcoolisme-passif-19071676.html
Site web en prévision .