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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 11:36

Le nombre de donneurs d'organes est en hausse en Belgique, sauf à Liège !

don-d-organes.jpgLe don d'organes est une démarche solidaire par excellence puisque le prélèvement sur un donneur cadavérique permet de sauver jusqu'à huit vies. En Belgique, le don d'organes est régi par la loi du 13 juin 1986 qui autorise le prélèvement d'organes et de tissus de tous citoyens belges ou étranger domicilié au moins depuis six moins en Belgique, au moment du décès, sauf si la personne décédée en a officiellement exprimé la volonté contraire ou si la famille proche (au premier degré, c'est à dire conjoint, parents et enfant) ne s'y oppose au moment du décès. C'est clairement là que le problème se pose, alors que le proche vient de décéder, lorsque le médecin vient demander à la famille s'il peut prélever des organes, la réponse est souvent négative, sous le coup de l'émotion. Dès lors, des centaines de personnes qui n'étaient pas opposées à l'idée de faire don de leurs organes sont privées de ce geste solidaire posthume par l'émotion familiale... La Belgique manque cruellement de d'organes et "un tiers des patients qui sont en attente ne survivent pas"(1) rappelle très justement Anne-Noëlle Vervaet, de l'asbl Sensibilisation Don d'Organes (SDO). Pour éviter la perte d'organes de donneurs volontaires, il existe deux méthodes : l'une officielle qui consiste à remplir un document qui précise que l'on est donneur(2) auprès de son administration communale, l'autre moins officielle (et moins sûre) qui consiste à prévenir ses parents proches que l'on veut que ses organes soient prélevés. En 2011, selon Eurotransplant, ce sont 321 donneurs cadavériques qui ont été recensés, en Belgique, pour 1097 organes prélevés et transplantés, en majorité des reins, des foies et des poumons.

Pour l'heure, la Belgique compte quelque 128.000 donneurs officiels, ce chiffre était de 33.000 en 2005, il a donc été multiplié par quatre en six ans, c'est une excellente nouvelle. Cependant, si l'on considère la population de notre pays à 11 millions de personnes, cela ne représente que 1,16%... cela reste très peu ! Paradoxalement si les donneurs potentiels sont en hause à l'échelon national, on constate une baisse très importante à Liège. Ainsi, La Meuse(4) nous apprend ce matin que seuls 161 Liégeois ont fait la démarche pour marquer officiellement leur accord pour le don d'organes auprès de l'administration alors qu'ils étaient encore 223 en 2010. Une diminution de 39%, c'est énorme ! Pire encore, le quotidien liégeois nous dit aussi que 49 personnes ont officiellement marqué leur volonté de ne pas être donneurs d'organes, c'est à dire quasiment 20% en plus qu'en 2010... Liège semble ainsi être la seule grande ville de Belgique où le nombre de donneurs d'organes est en baisse, c'est dommage ! C'est même très peu rassurant car, finalement, nous sommes tous des demandeurs d'organes potentiels. Les médecins, à commencer par les médecins généralistes, ont un rôle primordial à jouer dans la décision de la population de devenir donneurs d'organes. Proches des familles, ils peuvent avoir un rôle d'information et donc de facilitateur, cela peut être à eux d'expliquer que le prélèvement se fait dans le respect de la personne décédée, avec la plus grande des minuties puisqu'il s'agit de transplanter ces organes par la suite.

Mais concrètement, comment se passe le prélèvement ? Ainsi que me l'expliquait un médecin du CHR de la Citadelle, comme le prévoit la loi, il convient que trois médecins constatent la mort cérébrale d'une personne, ensuite le Coordinateur de transplantantion vérifie auprès du registre national que cette personne a manifesté ou non sa volonté d'être donneur. C'est cette volonté qui sera suivie en priorité. S'il n'y a pas d'information dans un sens ou dans l'autre, le Coordinateur peut alors se tourner vers la famille proche afin de voir si elle autorise le prélèvement d'organes. Si la famille marque son accord, il pourra alors prélever. De l'importance donc, si la démarche officielle n'a pas été faite, d'insister auprès de sa famille pour qu'elle ne s'oppose pas au prélèvement, le cas échéant. Mais, en définitive, le mieux n'est-il pas encore de faire la démarche officielle auprès de la Commune et de la doubler d'une information claire aux membres de sa famille proche ?


Pour ma part, cette fois c'est décidé, j'ai trop souvent repoussé la démarche pour des raisons futiles liées au manque de temps et parce que je sais que ma compagne est au courant que je veux que mes organes soient prélevés s'il m'arrive quelque chose, mais je vais à l'administration communale officialiser ma position... Faites-en autant, si vos convictions philosophiques n'y sont pas opposées !

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(1) Le don d'organes en hausse en 2011, par Quentin Marceron, in La Dernière Heure/Les Sports, 18 janvier 2012
(2) à noter que pour ceux qui sont résolument opposés à l'idée de faire don de leurs organes, il existe aussi un document qui précise que l'on n'est pas donneurs...
(3) un banque d'organes qui réunit sept pays européens (la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, l'Allemagne, la Croatie, l'Autriche et la Slovénie)
(4) Liège : moins de dons d'organes en 2011, par Cécile Vrayenne, in La Meuse, 18 janvier 2012

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Published by Olivier Moch - dans Actualité
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commentaires

ASBL AIDONS 15/05/2012 11:10

Bonjour
a titre d'information,nous vous présentons l'ASBL AIDONS dont les missions sont la sensibilisation en region liegeoise et aider a franchir le cap de la greffe.
au plaisir de vous voir prochainement sur le site www.aidons.be

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