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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 10:25

Si la fin du monde était réellement prévue pour le 21 décembre, je n’en pleurerais pas !

2012.jpg2012 sera-t-elle l’année de la fin du monde ? En tous cas, l’idée issue de la mythologie maya semble séduire pas mal de monde depuis quelques année. D’où vient l’idée que le monde arrivera à son terme à la fin de l’année 2012. Il semble que plusieurs civilisations et religions aient pointé la date du solstice d’hiver 2012 comme celui de l’Armageddon. En fait, il semble que le calendrier perpétuel des Mayas s’arrête abruptement à ce fameux vendredi 21 décembre 2012. Pourquoi ? Personne ne peut le dire avec précision, d’aucuns affirment même que ce calendrier court encore sur plus de deux siècles… Comment l’Apocalypse s’abattrait-elle sur la terre le 21 décembre 2012 ? C’est là que ça devient amusant… Certains pensent qu’un alignement de planètes causera une multitude de cataclysmes sur la terre, d’autres se laissent aller à penser que le champ magnétique de la terre va s’inverser provoquant, également, séismes et cataclysmes en chaine. Ces deux théories peuvent paraitre effrayantes mais elles ne sont guères réalistes. Les planètes s’alignent fréquemment et cela ne provoquent guère de souci tandis que l’inversion du champ magnétique de la terre est un phénomène lent et observable à l’avance… Si cela devait se produire en 2012, ce serait déjà confirmé par les scientifiques et si l’effet devait être observé maintenant, il mettre bien plus de trois ans à poser des problèmes… Reste alors l’idée farfelue d’une invasion meurtrière de la terre par des extra-terrestres qui anéantiraient la planète bleue. J’en ai parlé avec un vieux pote qui vient de Melmac, l’information n’est confirmée dans aucun recoin de la galaxie… Bref, la fin du monde pour le 21 décembre 2012 apparait comme une vaste fumisterie de plus !

L’homme en tant que maladie auto-immune

Et pourtant, par delà toute considération scientifique ou ésotérique, je dois dire que si la terre devait disparaître le 21 décembre prochain, je n’en serais pas marri outre-mesure… Plus je regarde mes contemporains plus je ne contemple rien ; plus je vois l’évolution de cette société plus je constate qu’elle est déclinante et qu’elle n’a plus rien d’attirant.

Le constat est dur, mais il est réel !

Le fossé riche/pauvre continue de se creuser chaque jour un peu plus. La mentalité de notre société mercantile accentue cette dualité. D’un côté, les riches deviennent de plus en plus riches mais aussi de plus en plus arrogants ; pour peu on se penserait revenu à cette époque d’avant la révolution industrielle. De l’autre côté, les pauvres deviennent de plus en plus pauvres mais une frange de plus en plus large d’entre eux se complait dans cette situation d’assistés. L’ère est aux loisirs mais le loisir c’est une société de consommation exacerbée. Le loisir c’est le multimédia pour le plaisir de mater des DVD piratés, d’écouter des CD téléchargés ou d’étaler sa triste vie sur le net par le biais de blogs insipides ou de réseaux sociaux de merdes. Le loisir c’est virtuel ! L’ère est aux loisirs mais ce loisir ne doit surtout pas avoir une connotation culturelle ce serait trop dur à supporter. La culture s’en va à vau l’eau d’une société pauvre intellectuellement. Elle ne fait plus recette car elle demande souvent un effort que beaucoup ne sont plus prêts à faire. Aller au musée ou au théâtre, visiter des sites historiques, découvrir des rites et des cultes différents, s’imprégner d’un roman du Siècle des Lumières, comprendre les codes de la littérature anglaise du début du 20è siècle, développer sa culture générale pour la simple envie de connaître les choses… autant de démarches qui semblent aujourd’hui hors de portée du commun des mortels. Ca n’intéresse plus de se cultiver, c’est tellement plus simple de se vautrer dans un divan devant un blockbuster piraté (2012, par exemple !) ou sur une plage pour bien profiter de ses coups de soleil, d’étaler sa vie sans saveur sur des réseaux dits sociaux ou de vouloir devenir la star sans talent d’une émission de télé-réalité sans intérêt autre que de remplir les poches de chaines de télévision dans âme.

Depuis un demi-siècle, la culture n’a enfanté aucun génie. Il n’y a plus de grands auteurs, de musiciens formidables, de cinéastes exceptionnels ou de peintres géniaux… Oh certes, il y a bien quelques types avec une once de talent mais quand je vois que Beigbeder ou Brown, pour ne citer qu’eux hors d’une liste bien longue, sont des chefs de file de la littérature moderne, que le cinéma repose davantage sur l’informatique et les fx que sur le jeu d’acteurs, que la musique s’essouffle dans des rythmes saccadés sans véritable harmonie et que ses leaders sont des rappeurs vulgaires ou des rockeurs sans âmes tandis que l’art, en général, cultive la mollesse et la mièvrerie, je me dis que le temps du génie est bien loin derrière nous. L’architecture échappe encore au naufrage grâce au travail que quelques artistes qui osent voir de grandes choses…

La culture est pauvre mais elle n’est que le reflet d’une société déliquescente. Ne pas savoir aligner les mots, pourfendre l’orthographe et la grammaire, détruire la syntaxe sont autant de tares qui apparaissent comme légères de nos jours et qui pourtant sont les signes distinctifs de l’aliénation. La société tend à s’aseptiser un peu plus chaque jour ; la peur est présente à chaque coin de rue et les médias entretiennent ce sentiment. Les enjeux financiers sont capitaux – si j’ose dire ! – et le public est fortement influençable. Il suffit pour s’en rendre compte de voir le nombre d’abrutis qui téléphonent pour sauver leur candidat préféré dans les émissions télévisées débiles parce qu’on leur a dit de le faire… Quant aux décideurs, certains ont déjà en mains les clés qui leur permettent de diriger tel que bon leur semble leurs sujets. Ils sont passés maîtres dans l’art de la manipulation et parfois leur morale est douteuse. Mais si tout cela est possible c’est uniquement grâce à la crédulité d’une population qui attend, désormais, d’être pris par la main, accompagné dans ses faits et gestes… L’aliénation !

Et puis l'humain est sale ! Non content de l'être, il se complet dans sa fange. Il suffit de voir le nombre de porcs qui urinent dans la rue, s'abritant à peine des regards, ou qui jettent leurs canettes au sol sans se soucier ni de propreté ni d'écologie. Les rues et les ruelles sont dégueulasses parce que l'homme est sale. Mais il ne se contente pas de salir la rue, non il est pareil chez lui... Je suis effaré de voir, de plus en plus souvent, dans des reportages télés, l'état d'insalubrité des maisons qui passent à l'écran. La saleté est l'apanage d'une grande frange des humains du 21è siècle...

Plus que jamais la société se divise en groupes distincts. Les nantis et les pauvres ; les pleins de santé et les malades ; les jeunes et les vieux ; les addicts du web 2.0 et ceux qui ne le sont pas ; les instruits et les incultes ; les dirigeants et les dirigés ; le Nord et le Sud… mais tous ont ce point commun de participer, avec leurs moyens, à la décrépitude de la société qui les a engendré. C’est paradoxal… mais finalement l’homme d’aujourd’hui est un peu la maladie auto-immune de la société ! Je ne crois pas que la fin du monde est réellement prévue pour le 21 décembre 2012 mais si cela devait vraiment être le cas, il ne faudrait pas compter sur moi pour pleurer ou pour regretter que tout cela s’arrête. Je n’en serais pas triste du tout !

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Published by Olivier Moch - dans Humeurs
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