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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 10:56

Qu'est ce que j'aurais aimé vivre là et à cette époque de contre-culture et de changements !

Que ce soit en termes de cinéma, de musique, d'arts ou  de société, l'Angleterre est un phare culturel inaliénable. La culture anglaise a révolutionné le 20è siècle ! Elle l'a influencé plus que toute autre, atteignant son paroxysme dans les années' 60. Londres est, alors, la capitale mondiale de la culture. On parle alors, en musique, de British Invasion(1) pour témoigner de l'omniprésence du rock anglais sur le monde. A cette époque, l'économie anglaise amorce une reprise qui met fin à la longue période d'austérité qui pesa sur les Britanniques depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Le pouvoir d'achat s'élargit et les couches les moins aisées de la population ont accès à la consommation. A partir de 1964/1965, au départ de Londres, une forme de contre-culture se met en place, elle amorce une mutation profonde de la société anglaise jusqu'alors très conservatrice. Mary Quant impose la mini-jupe et Londres devient la capitale de la mode, Carnaby Street devient le haut-lieu de la culture underground, la musique pop(2) s'impose avec des groupes comme The Kinks, The Yardbirds, The Moody Blues, The Shadows, The Hollies, The Animals et, bien entendu, The Beatles qui explosent à travers le monde, voire même The Rolling Stones qui s'aventurent, alors, autant dans la pop que dans le rock. Dans le même temps, le cinéma anglais plonge dans sa Nouvelle Vague qui fait la part belle aux univers ultraréalistes et qui préfigure le cinéma social à venir; Michael Caine, Alan Bates, Tom Courtenay, Julie Andrews, Vanessa Redgrave ou Albert Finney deviennent les stars de ce nouveau cinéma européen dont les réalisateurs vedettes (Tony Richardson, John Schlessinger, ken Annakin, Lewis Gilbert...) n'hésitent pas une seconde à introduire le sexe dans leurs films, surfant sur la vague de la libéralisation des moeurs qui se met en place.

Le changement gagne tout le pays et, pendant que la société anglaise négocie le virage, les partisans de la Vieille Angleterre tentent de subsister en conservant leurs valeurs ancestrales et conservatrices. La société anglaise est aussi divisée que dans l'immédiate après-guerre mais, cette fois, c'est le modernisme qui prend le pas sur la conservatisme et l'on assiste à une ouverture sociale dans laquelle les classes les plus aisées se mélangent aux classes moins favorisées. Les masses populaires et laborieuses profitent des trente Glorieuses pour découvrir la consommation, en effet, l'augmentation du pouvoir d'achat réduit le fossé qui séparait encore les classes supérieures (aristocratie, noblesse et haute bougeoisie) et les classes populaires. Concrètement, les classes supérieures se "bohémisent" tandis que les classes ouvrières s'embourgeoisent pour se retrouver autour des mêmes plaisirs et loisirs. L'hédonisme devient une valeur commune, un mode de vie. L'esthétisme se niche dans la mode, dans le design, dans la vie de tous les jours... Les Mods (abréviation de Modernistes), des jeunes issus des classes prolétaires imposent leur style de vie axé sur la fête, la joie de vivre et l'apparence.

Time Magazine donne, en 1966, à ce mouvement le nom de Swinging London (Le Londres qui bouge, qui balance). Une série télévisée, The Avengers (connue chez nous sous le titre Chapeau Melon et Bottes de Cuir), illustre parfaitement le Swinging London; John Steed représentant la haute bourgeoisie déliquescente opposée au modernisme populaire symbolisé par Emma Peel.


Swinging London c'est avant tout une révolution culturelle, une période de positivisme unique au 20è siècle axée sur la recherche des plaisirs et l'envie de vivre à 100 à l'heure. C'est une courte ère de changement, de vraie rupture avec le passé dans une Angleterre encore très duale à l'époque. C'est une période de grande activité artistique, culturelle et sociale qui a influencé toutes les périodes suivantes juqu'à l'aube de ce bien triste 21è siècle. C'est enfin la période et l'endroit auxquels j'aurais aimé vivre... si j'avais eu le choix !


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(1) le terme est inventé par les médias américains pour qualifier l'introduction massive des groupes anglais aux Etats-Unis
(2) Popular Music abrégée en Pop Music


 

Swinging London

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Published by Olivier Moch - dans Humeurs
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